La polémique suscitée par le projet de loi sur les hydrocarbures a relancé depuis quelques jours le vieux et sérieux débat sur la gourmandise des Algériens pour l’énergie et la nécessité de les inciter à revoir au plus vite leur mode de consommation pour une sobriété choisie avant qu’elle ne soit imposée. Les chiffres disponibles depuis longtemps indiquent, en effet, que la consommation du tertiaire comme celle des ménages – 44% – a atteint des niveaux tels qu’elle va finir par impacter à terme les capacités du pays à exporter du pétrole et du gaz, principales sources de revenus en devises et seules véritables moteur de la machine économique dans le pays. Les alertes lancées par les experts énergéticiens concernant l’exigence de tempérance dans l’utilisation de la ressource du sous-sol national rappellent aujourd’hui qu’il y a également urgence à revoir notre manière de consommer l’eau, qui est non seulement rare, mais vitale pour la population comme pour l’économie du pays, et pas seulement dans son versant agricole. Cette obligation d’économiser cette ressource ne répond pas uniquement au souci de lutter impérativement contre son gaspillage – ce phénomène scandaleux observé de toutes parts sous nos cieux et condamnable sur tous les plans. Elle est dictée par le fait que la demande va exploser sous l’effet de la démographie galopante (on parle d’un besoin de 12,9 milliards de m3 à l’horizon 2030) et qu’une grande partie provient aujourd’hui et proviendra demain du dessalement d’eau de mer, un procédé à l’équipement coûteux, parce qu’importé aussi, d’un impact certain sur le milieu naturel marin et ayant besoin de beaucoup d’énergie pour fonctionner. Autant de paramètres et de raisons pour se rendre à l’évidence que si l’on ne change pas de paradigme dans notre rapport à l’eau et à sa consommation, on ne risque pas seulement de revenir aux années de sécheresse des robinets – une situation déjà constatée dans beaucoup de nos régions où l’alimentation se fait uniquement par le réseau habituel. Mais on court le danger de faire face à des scénarios d’insécurité hydrique et alimentaire parce que sans eau, il n’y a pas de production agricole. Le débat chez les spécialistes actuellement, qui savent que le recours à la mer est incontournable, c’est d’aller vers des technologies et des techniques de désalinalination qui ne consomment pas beaucoup d’énergie. Soit. Il gagnerait à être accompagné d’appels à l’optimisation de la gestion de l’eau et à l’adoption d’un comportement éco-responsable.