Reporters : Le moins qu’on puisse dire est que le projet de loi hydrocarbures ne fait pas l’unanimité. Comment expliquer ce rejet ?
M’hamed Hamidouche : Il s’explique par le mauvais timing politique et, à mon avis, par le manque d’information et de communication. Les explications fournies par des responsables du secteur, notamment du ministère de l’Energie, sont venues tardivement dans un contexte politique d’exception pour qu’elles soient entendues, acceptées et discutées. Ce retard a engendré la suspicion et le rejet.

Que dire du projet de loi en lui-même ?
A mon avis, encore une fois, le texte n’apporte rien de nouveau et signale les difficultés auxquelles fait face le secteur des hydrocarbures dans notre pays, recherche de nouveaux investissements étrangers pour étendre le domaine exploratoire dans un contexte de baisse inquiétante de la production. Que le texte soit discuté ou pas, toutes ces questions seront à nouveau posées et il faut leur trouver des réponses.
Vous ne semblez pas être en faveur d’un report du débat de ce projet de loi…
La question est de savoir si nous avons une alternative ou pas. Le report de décisions touchant à l’investissement n’est pas la réponse idéale, quand on ne sait pas si on a une stratégie de remplacement ou pas. La question à se poser aussi est de voir si le projet de loi proposé actuellement ne sera pas dépassé dans quelques années et qu’il faudra davantage d’ouverture pour attirer l’investissement international. En clair, il s’agit d’aller vers un vrai débat du projet de loi, loin des considérations politiques actuelles et qui sont générées par la crise. Dans cette situation, à laquelle s’ajoute l’absence d’une vision claire de ce que nous voulons faire de notre économie, les gens perdent confiance et la perte de confiance incite à reporter à demain ce qui doit être fait aujourd’hui.

La polémique sur le projet de loi a permis à des experts de relancer l’appel à la transition énergétique. L’Algérie est-elle vraiment prête pour ça ?
Pour répondre à cette question, il faut un débat sérieux qui doit être accompagné et concrétisé par une législation et un programme d’action à moyen et long termes avec le concours de l’investissement étranger.