Une grosse gifle pour réveiller ceux qui croyaient que c’était le temps de se reposer sur les lauriers après la consécration africaine de l’équipe nationale en Egypte il y a 3 mois de cela. La sélection des locaux a échoué lamentablement à atteindre la phase finale du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2020. Les « A’ » ont été corrigés 3 buts à 0 samedi soir à Berkane par le Maroc, détenteur du titre. Une élimination, loin d’être surprenante, qui suscite nombreuses interrogations sur le niveau des footballeurs du cru ainsi que la politique de la Fédération algérienne de football (FAF) et son approximative gestion.

La faute à qui ? Telle est la question. Comme raccourci, certains pointeront du doigt Ludovic Batelli premier responsable de la barre technique. D’autres vont accabler ceux qui ont décidé de sa désignation. On évoquera aussi le temps de préparation pour cet évènement. Car on ne peut faire un montage express et espérer dégager une équipe qui assure la qualification face au vainqueur de la dernière édition.
Quelle est la qualité et le niveau des joueurs qui évoluent dans un championnat où l’amateurisme est profond mais affublé d’un costume de professionnalisation bien trop grand? A voir le rendement sur les deux explications, que ce soit à Mustapha Tchaker de Blida ou le stade municipale de Berkane, on ne décèle aucun travail de fond ni d’éléments de cohésion. Sur ce point, la justification est claire : on ne peut pas faire de miracle en 5 petits jours de stage sachant que l’adversaire s’était regroupé pendant deux semaines pour être fin prêt et signer le résultat qu’on connaît. Une affaire pliée en 40 minutes chrono : « J’ai un goût d’inachevé parce que je pense qu’on a fait une mauvaise première mi-temps. Les deux premiers buts sont deux cadeaux royaux. C’est ce qui a compliqué davantage notre mission», dira Batelli après cette humiliation.

Belmadi, un retrait énigmatique
Oui ! Batelli a failli. Avec deux catégories. Il a échoué à qualifier les U23 aux prochains Jeux olympique, à Tokyo puis les « A’ » qui ne joueront pas de phase finale de CHAN au Cameroun. Néanmoins, il faut souligner que la FAF l’a dépêché en pompier pour suppléer Belmadi sur le banc des locaux en août dernier. Le driver des « Verts » s’était désister de coacher Amir Saâyoud et ses camarades. Initialement, C’était lui qui devait diriger les locaux.
Pour preuve : il avait même convoqué 22 joueurs pour un stage bloqué entre le 26 et 28 août au Centre technique national de Sidi Moussa (Alger).
On ne sait toujours pas pourquoi il a renoncé à cette tâche. Le premier responsable de la barre technique des « Fennecs » avaient, peut-être, constaté les limites du groupe et ne voulait pas mettre sa réputation de Champion d’Afrique en jeu et risquer de l’entacher d’une élimination. D’autant plus que l’adversaire en question est le détenteur du titre et travaille continuellement avec le même groupe. Sur ce point, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) fait largement mieux que la FAF avec une politique bien tracée qui permet de maintenir la sélection locale compétitive. Ça s’est, en tout cas, vu au tableau d’affichage et sur le rectangle vert qu’il y avait un écart significatif sur le plan de la préparation.

Zones d’ombre
C’est donc Batelli, normalement simple directeur des équipes nationales (DEN), qui prendra pour son grade à cause d’un renoncement de Belmadi. A noter aussi que le technicien français ne devait initialement pas s’accommoder de cette tâche. C’est l’instance fédérale qui avait refourgué la mission au DEN. Une vraie bombe qui a causé l’explosion des ambassadeurs de la balle ronde nationale en terres voisines. Aussi, on notera que certains bons éléments du championnat ont été zappés. On citera Abdelmoumen Djabou -par exemple -qui n’a pas figuré dans cette équipe sans oublier l’absence des Pacistes, équipe de Zetchi qui n’est autre que le patron de la FAF. On évoque aussi une envie d’en finir, le plus vite possible, avec cette campagne africaine afin de ne pas être contraint d’ajuste la programmation du championnat pendant le déroulement du tournoi. Surtout que le calendrier de la compétition est sujet à plusieurs contestations ces derniers temps. Beaucoup trop de zones d’ombre qui ont donné lieu à une prestation obscure. Concrètement, la structure footballistique, à commencer par son homme fort Zetchi, devra assumer cette véritable déroute qui rappelle la réalité de la discipline dans notre pays. Le bricolage et le sabotage volontaire sont sanctionnés. Cette mascarade ne doit pas passer sous silence. Juste parce que les coéquipiers de Riyad Mahrez sont rois d’Afrique. Un véritable cache-misère. n