Voilà quarante ans que Cinemed favorise particulièrement ce lien sacré avec la Méditerranée et son cinéma, cette fabrique de la culture cinématographique qui, au fil des années s’identifie au Festival du cinéma de Montpellier et à son public à travers des rendez-vous immanquables programmés cette année du 18 au 26 octobre.

De Montpellier, Jacky Naidja avec Ines Iliana
Le festival, qui s’annonce engagé et politique, s’est ouvert à l’Opéra Berlioz archicomble, au cours d’une somptueuse cérémonie, en présence de nombreuses personnalités entourées d’un public cinéphile hors pair et de Leo Luca Orlando, l’emblématique maire de Palerme son nouveau président.
En maître de cérémonie, Christophe Leparc, directeur de Cinemed, a ouvert le festival en présentant Léo luca Orlando, nouveau président engagé et défenseur de la cause migratoire, qui, en quelques mots a lancé à cette occasion un message fort empreint de liberté en direction de  toute la Méditerranée. Puis c’est au tour de Costa Gavras accompagné de Michèle Ray-Gavras, sa productrice et sa femme dans la vie, de présenter son film «Adults in the Room » qui fait l’ouverture du festival. Un vrai thriller politique (à l’image de «Z», «l’Aveu» ou «Amen») sur la crise financière de son pays la Grèce, scénario inspiré des écrits de Yanis Varoukalis ex-ministre des Finances, qui parle de l’Europe et des coulisses occultes du pouvoir européen et de la Grèce. «Adults in the Room » met particulièrement en scène deux hommes qui, il y a 4 ans, ont incarné ce combat de l’espoir pour tenter de sauver leur pays de l’austérité imposée par l’Europe en 2015  en renégociant la dette, là où justement le peuple grec attendait plus d’humanité, de compassion après 7 ans de crise. Un film de « combat », devait souligner Costa Gavras sous de longues ovations du public lui réservant déjà un accueil des plus chaleureux.

200 films à voir ou à revoir
Mais les temps forts et les meilleurs moments du festival Cinemed se trouvent du côté de la programmation exceptionnelle avec 200 films à voir ou à revoir. Mais aussi du côté du jeune public et des avant-premières notamment avec les rencontres des réalisateurs et des acteurs accompagnés par leurs films, documentaires, courts métrages et tout ce que peut être le cinéma d’animation de son côté.
Une 41e édition plus engagée, plus résistante, sur laquelle plane un souffle nouveau venu d’Italie avec plus de 40 films marquants de son excellent cinéma, dans laquelle 10 longs métrages sont en compétition parmi lesquels les plus en vue, « Abou Leila » d’Amin Sidi-Boumediène (coproduction algéro-française) avec Lyes Salem, Slimane Benouari et Azouz Abdelkader, le « Madre » de l’Espagnol Rodrigo Sorogoyen, « Sole » de l’Italien Carlo Sironi ou encore « Red Fields » de l’Israélienne Keren Yedaya pour ne citer qu’eux. Cette 41e édition de Cinemed rendra particulièrement hommage à deux grands réalisateurs du cinéma, André Techiné et Paolo Virzi. André Techiné, pour son œuvre flamboyante au cinéma, comme invité d’honneur du Festival avec « Souvenirs d’en France », « les Voleurs » ou « les Egarés », des films qui ont fait longtemps sa réputation. Il reste un des plus grands metteurs en scène français que Thierry Khelifa présentera au public avec son documentaire « le Cinéaste insoumis » qu’il lui a consacré.  L’autre hommage mérité à un autre scénariste de talent, en l’occurrence, Paolo Virzi, longtemps bercé par la tradition de la comédie italienne pour inventer tant de personnages avec ses aventures rocambolesques.  C’est à lui qu’on doit aussi la photo de l’affiche de Cinemed 2019 avec Valéria Bruni Tedeschi et Micaela Ramazotti dans son film « les Folles de joie ».

Hommage spécial à Anna Magnani
Un hommage spécial  sera dédié à Anna Magnani, actrice, icône  du cinéma italien à travers une formidable exposition de ses 25 meilleures photos de tournage tirées de plusieurs de ses films prestigieux comme « Rome, Ville ouverte », « Mamma Roma » ou « le Carrosse d’or ». Sans oublier cette reconnaissance du cinéma montpelliérain  qui sera rendu à Agnès Varda pour son œuvre majeure au cinéma français. Et pour rester toujours dans ce festival teinté d’une certaine résistance, c’est Léo Luca Orlando maire de Palerme et nouveau président de Cinemed, qui sera omniprésent pour symboliser la lutte en faveur des migrants dans sa ville de Palerme. Longtemps engagé contre la mafia sicilienne et surtout connu pour son opposition aux  lois sécuritaires de Matéo Salvini, il animera des rendez-vous publics importants sur cette question des migrants à laquelle il a déjà des réponses au-delà des solutions. Parmi les 12 avant-premières, quelques très bons films déjà vus qui ont marqué cette année Cannes et Venise comme le « Traître » de Marco Belloccio ou «  Gloria Mundi » de Robert Guédidian et surtout le plus attendu « Terminal Sud » (Algérie-France) dont on dit beaucoup de bien, de Rabah Ameur Zaïmèche, avec  Ramzy Bedia. Après la cérémonie du Palmarès, qui sera dévoilé le 26 octobre, on saura qui succèdera à « Fleur double » pour le prix de l’Antigone d’or en 2019. Le Festival du cinéma de Montpellier baissera le rideau pour cette saison avec le film « Seules les bêtes » de Dominik Moll, autre réalisation magnifique de l’auteur en présence de toute l’équipe du film.