Les appels aux journées de protestation et à la grève se multiplient de la part des syndicats et autres organisations de défense des droits des travailleurs. Le secteur de l’éducation subit à l’évidence les premières turbulences. Il est clair que le recours à la grève est une situation censée n’arriver qu’après épuisement des négociations et impossibilité de trouver une solution. Mais dans une conjoncture politique particulièrement difficile, le recours aux extrêmes ne demande pas de réflexion. C’est dans l’air du temps. Des Algériens sont dans la rue depuis huit mois pour revendiquer un changement des règles du jeu politique. Et le monde de l’éducation ne saurait être loin du mouvement de la société. La grève ne se solde pas forcément par des victoires. Mais sans ce droit de grève reconnu par les lois de la République, il ne peut y avoir de syndicats. Sauf des syndicats dont le rôle est de maintenir un statu quo voulu par le pouvoir. Les syndicats enseignants de la Confédération des syndicats algériens, ont décidé carrément de boycotter le ministre de l’Education. Pour eux, le gouvernement actuel est un gouvernement de gestion des affaires courantes, mais il valide des lois d’extrême importance qui engagent l’avenir des Algériens. La question de la légitimité reste particulièrement posée. Avec acuité. La crédibilité d’un responsable du gouvernement en est éminemment liée. On voit que la fragilité de l’actuel gouvernement ne fait que compliquer la situation. Ce sont les effets directs d’une crise politique dont les conséquences ne sont pas encore claires. Et qui ne tarderont pas à apparaître dans un avenir proche. La situation de désordre actuelle ne pourrait qu’engendrer des dysfonctionnements de plus en plus inattendus. Il est affligeant de voir que l’Algérie doit à chaque fois éprouver les pires difficultés pour comprendre que le problème est éminemment politique. Et qu’il faudrait en amont régler les crises pour en éviter les conséquences.