Les experts les plus sérieux sont unanimes. L’Algérie a plus besoin d’une nouvelle politique énergétique que d’une loi sur les hydrocarbures, irrémédiablement considérée par la majorité des Algériens comme allant à l’encontre de leurs intérêts. Dans une situation de quasi vide institutionnel, tenter de convaincre l’opinion nationale du contraire relève de la gageure. L’empressement de vouloir passer cette loi en cette période d’incertitudes n’aura fait qu’exacerber le rejet populaire. La consommation effrénée, sans qu’il y ait une véritable politique alternative au fossile à moyen terme, pourrait ainsi fortement mettre le pays en situation de danger. La consommation domestique n’est pas le résultat d’un système économique productif apportant d’autres richesses qui pourraient la compenser. Elle est le fait d’un consumérisme effréné sans perspective. Résultat des politiques mises en place du temps du « socialisme de la mamelle ». Les possibilités algériennes en matière d’énergie alternative sont importantes. Rien que pour le solaire, l’Algérie détient une source intarissable, étrangement encore inexploitée à la mesure des potentialités. Aujourd’hui, dans la conjoncture actuelle, la loi sur les hydrocarbures qui semblerait pour le moment s’être volatilisée comme par enchantement à l’entrée de l’APN, devient un combustible dont se serait bien passé l’actuel gouvernement. Il n’est pas étonnant que la fameuse loi sur les hydrocarbures constitue désormais un argument de choix pour les syndicats autonomes, afin de mener d’inévitables actions de protestation. Ça n’a d’ailleurs pas tardé. La Confédération des syndicats algériens n’a pas hésité à exprimer sa « désapprobation » des lois confectionnées ou celles en préparation par « un gouvernement illégitime », et rappeler le « danger » du recours au gaz de schiste et ses conséquences sur la santé et l’environnement des régions d’exploration. Dans l’actuelle phase pré-électorale, cette loi risque bien en effet de constituer une problématique loin d’être la bienvenue.