Les bouleversements politiques que vit le pays depuis près de huit mois ont amené, d’après les professionnels de l’économie nationale, à la fermeture de 5 500 entreprises tous secteurs confondus, dont 450 sociétés spécialisées dans la réalisation de portes et façades isolantes.
Dans une conférence de presse sur la deuxième édition du Salon international des fenêtres, des façades et des portes, organisée hier à l’hôtel Radisson Blue, le directeur général du groupe Chiali, Abderrezak Oukali, a précisé, toutefois, que ces chiffres ne sont pas tout à fait sûrs. «Ce sont des statistiques qu’on entend souvent sur le marché. Il se peut que le nombre des entreprises ayant fermé soit plus important.
Ce qui est sûr, c’est que des entreprises ont bel et bien fermé et que le risque de fermeture pèse sur d’autres entreprises», a souligné le représentant de cette entreprise, qui produit surtout des fenêtres en PVC. Cela dit, les crises politique et économique que traverse le pays ne semblent pas être les seules mises en cause dans la fermeture de ces entreprises. «Nous n’avons pas accès au marché public, où les projets dans le secteur de la construction sont très nombreux. Nous venons toujours derrière les entreprises étrangères dont la qualité des produits est inférieure à la nôtre. Les produits nationaux sont de qualité et pourtant, ils sont mis de côté en faveur des produits importés par des entreprises étrangères. Nous avons beau crier notre détresse, personne ne nous écoute», a-t-il souligné, déplorant que les discours arguant que les entreprises nationales sont prioritaires relèvent de la simple théorie. Sur le terrain, assure-t-il, les entreprises viennent en deuxième plan. «Ce qui nous met dans une situation embarrassante avec les entreprises étrangères avec lesquelles nous sommes obligés de travailler pour ne pas perdre des parts du marché.
Ces dernières s’emploient à imposer leurs produits et leur main-d’œuvre alors que les nôtres sont nettement supérieurs en termes de qualité. En fait, les entreprises étrangères proposent les produits les moins chers, moins chers que les nôtres et de moindre qualité, pour séduire les donneurs d’ordres», a-t-il soutenu. Le directeur marketing et commercial du Groupe général profil, Islem Ouazene, versé dans les systèmes portes et fenêtres PVC, déplore pour sa part la contrefaçon sur les produits nationaux qui fait perdre de l’argent aux entreprises. «Des entreprises chinoises copient nos produits et les vendent moins chers. Non seulement les conséquences sont dangereuses pour les consommateurs mais, en plus, c’est de la concurrence déloyale», a-t-il estimé. Indiquant que la contrefaçon et la concurrence déloyale figurent parmi les sujets qui seront débattus lors de la 2e édition du SIFFP, qui se tiendra du 23 au 26 octobre au Centre international des conventions (CIC). «L’industrie de menuiserie au service de l’économie énergétique, c’est le thème de cette édition, destinée exclusivement aux professionnels.
Le but est de les sensibiliser sur l’importance des produits isolants et de qualité. Nous tablons sur
5 000 visiteurs», a fait savoir le premier responsable de ce salon, Abdenour Nour-Mehdi. Selon lui, 2,5 millions d’articles sont fabriqués dans ce secteur alors que le volume de production peut aisément atteindre 6 à 7 millions… à condition que la demande suit. <