Le Forum des chefs d’entreprise (FCE) a organisé, hier, dans l’enceinte de l’Institut national d’informatique sa 5e édition de l’université d’été, en présence d’un nombreux auditoire, principalement composé d’acteurs économiques et financiers et de journalistes, mais sans l’ombre d’un officiel comme c’était d’usage lors des précédentes éditions.

Le président du FCE Sami Agli a indiqué, dans son discours d’ouverture, que l’organisation de l’université dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur « est l’expression de la volonté du Forum d’amorcer des relations avec l’enseignement et la recherche pour une coopération durable et bénéfique pour toutes les parties et in fine pour toute l’économie nationale ». Comme il a indiqué que le choix des thèmes des panels « n’est pas fortuit mais, au contraire, s’inscrit dans une démarche prospective pour bâtir les industries de l’avenir. Pour ce faire, l’Algérie se doit d’engager son émergence par de nouveaux modèles de compétitivité alignés sur l’écosystème qui est articulé autour de chaînes de valeurs et de synergies par l’intégration globale ».
Notons que quatre panels on été constitués à l’occasion de ce rendez-vous annuel. Le premier sur le thème « Les enjeux de la transformation du numérique ». Les panelistes venant du monde académique et celui des affaires ont, tour à tour, révélé leur approche sur la thématique et surtout mis en exergue les enjeux de l’industrie numérique et la transformation par la digitalisation. Les panélistes se sont rejoints sur l’intérêt que les entreprises adoptent les TIC dans leur mode de gestion. « Aller vers l’administration économique digitale », a jugé enfin un paneliste. Concernant le second panel, il a porté sur «le financement des entreprises en période de crise : du crédit bancaire au marché financier». Un thème d’actualité sur lequel les panelistes et non moins acteurs sur le terrain ont étalé leur approche sur le thème non sans apporter des éclairages sur les difficultés et les solutions possibles. Sur ce dernier point, le paneliste et expert financier Mohamed Berkouk est un fort partisan du partenariat privé/privé car, selon lui, c’est la solution la plus appropriée pour les entreprises privées, désireuses de se développer mais ne disposant pas d’assez de capital ». Toujours dans ce même ordre d’idées de financement de projet, le panéliste Farid Sid, directeur de la banque d’investissement Société générale Algérie, a énoncé la formule de projet sans recours à l’endettement qui, selon lui, «répond sans trop d’engagement de la part des patrons en quête de financement de leurs projets d’investissement». A propos du troisième panel, il a abordé les questions de l’éthique en affaires, de la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise et du développement durable. Un témoignage d’une entreprise engagée dans ces processus a été donné par sa dirigeante. Dernier panel au programme, il a été consacré aux opportunités d’investissements dans les domaines de la culture et du sport. Notons qu’à l’issue de ces panels, le patron du FCE s’est prêté aux questions des journalistes venus couvrir l’événement. Répondant à l’inévitable question si le FCE fera campagne pour un candidat à la présidentielle du 12 décembre prochain, il a fermement soutenu que son organisation patronale est apolitique, libre à chacun des membres de choisir leur candidat», a-t-il précisé. Mais toujours est-il que le patron du FCE a tenu à faire remarquer : «Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas concernés. Bien au contraire, comme tout Algérien, nous sommes conscients que le pays doit sortir de l’impasse dans laquelle il s’est retrouvé.» Interrogé sur le PLF 2020 notamment sur les volets de la fiscalité. Il fera savoir : «Nous ne pouvons pour l’instant nous prononcer du moment que nous ne disposons pas des textes du PLF 2020. Mais dès que nous le lirons nous rendrons public notre point de vue. » Poursuivant : « Nous sommes pour une application stricte de l’impôt sur la fortune car l’esprit de partage doit être ancré chez chacun.

L’abrogation de la règle 51/49 pas suffisante
Mais pour ce qui concerne une réévaluation des charges fiscales des entreprises, nous estimons qu’une telle suggestion est inopportune dans la mesure où de grandes entreprises sont en très fortes baisses d’activités, non sans parler de ces centaines qui ont fini par mettre la clé sous le paillasson. Et pourtant, nous avons interpelé le gouvernement pour qu’il décide d’un moratoire, c’est-à-dire retarder le payement des charges afin que les entreprises affectées puissent s’en sortir. Mais nous n’avons à ce jour reçu aucune réponse », s’est-il offusqué. Autre question posée au patron du FCE, celle ayant trait à l’abrogation de la règle de l’investissement 51/49. Il a rappelé qu’« on le demande depuis des années. Pour l’heure, il serait intéressant de connaître la liste exhaustive des secteurs stratégiques non concernés». Toujours à propos de l’abrogation de cette règle, « je ne crois pas qu’en décidant de l‘abroger cela va suffire à faire venir des investisseurs. Ces derniers vont en fait demander des garanties si cette décision s’inscrit dans la durée ou n’est que conjoncturelle ce qui est tout à fait légitime, car l‘investisseur étranger accorde une grande importance
à l’aspect réglementaire». Interrogé enfin sur l’endettement extérieur, il a avancé que «nous pouvons l’éviter pour peu que toutes les niches de ressources financières locales soient exploitées. Je vise en particulier l’argent de l’informel qui représente 51% du PIB. Et donc l’intégrer dans le circuit formel devient tout à fait indiqué par ces temps où nos recettes extérieures s’amenuisent de plus en plus ».