Le nombre des tentatives de suicide en Algérie est en constante augmentation, d’après les experts. Lors d’une conférence, jeudi dernier à l’hôtel Holiday Inn, organisée à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, les experts ont fait savoir que le taux des tentatives de suicide est passé de 2% en 2009
à 8% en 2017.

« Les tentatives de suicide sont une véritable source d’inquiétudes. Même si des efforts ont été consentis en termes de prévention dans la santé mentale, nous constatons des insuffisances », souligne le ministre de la Santé, Mohamed Miraoui. Des insuffisances en matière de prise en charge notamment. Selon lui, l’accès aux soins n’est pas facile pour les malades sur tout le territoire national. Il a souligné la nécessité de développer la psychologie enfantine, de lutter contre toutes les formes de dépendances et à former davantage les infirmiers intervenant dans la santé mentale.
« Les différentes parties doivent se mobiliser davantage. Surtout que la coopération de tous les acteurs concernés n’a pas encore atteint le niveau souhaité», conclut-il, en appelant également à favoriser les services de soins de proximité. Le nombre de suicides dans notre pays se situe entre 500 et 600 cas par an alors que les tentatives de suicide ont dépassé les 1 000 en 2018. D’après les statistiques du sous-directeur de la santé mentale au ministère de la Santé, Mohamed Chakali, le nombre de suicides de personnes de plus de 18 ans a atteint les 318 en 2018 contre 355 en 2014. Le nombre de suicides des personnes de moins de 18 ans est de 44 en 2018 contre 38 en 2014. Pour ce qui est des tentatives de suicide, 1 806 cas de personnes de plus de 18 ans ont été enregistrées en 2018 et 234 tentatives de jeunes de moins de 18 ans.
Les personnes victimes de suicide ou de tentatives de suicide recourent, pour la plupart des cas, à l’empoisonnement par produits toxiques. «Plus de 50% des victimes utilisent les produits toxiques, alors qu’ailleurs, dans le monde, la pendaison est la plus utilisée. Notre pays, par ailleurs, se compte parmi les moins affectés par le suicide avec un taux de 2,5/100 000 personnes contre 16/100 000 personnes dans le monde», fait-il savoir. L’Algérie, par ailleurs, a adhéré aux objectifs du développement durable, initiés par les Nations unies, qui renferment 17 cibles santé. «La santé mentale figure parmi ces cibles, non seulement pour réduire le suicide mais aussi pour entreprendre des actions en faveur du bien-être.
Depuis 2001, un programme national de la santé mentale est mis en marche mais dont les résultats sont attendus à long terme», explique-t-il. Ce programme, indique-t-il, a permis la multiplication des centres et structures de santé mentale dans les régions périphériques alors que, jusque-là, ces structures étaient implantées dans des régions isolées et parfois inaccessibles. «Ce programme consiste également à renforcer la formation en direction du personnel concerné ainsi que des médecins généralistes, qui sont les premiers à pouvoirs détecter les comportements de troubles mentaux. Ainsi, ils peuvent orienter les patients vers les services concernés tout en allégeant le poids sur les structures spécialisées», fait-il savoir.