L’artiste peintre Hachemi Ameur revient, dès aujourd’hui, à la galerie d’art El Yasmine (Delly Ibrahim) avec une exposition intitulée « Carnets de voyages II ». Deuxième événement du genre, après un premier rendez-vous, en 2016, où l’artiste avait mis en avant une série de croquis réalisés aux quatre coins du pays. Il présente avec cette exposition une collection d’une quarantaine d’œuvres inédites qui représentent plusieurs années de travail, de voyages à travers l’Algérie profonde, mais surtout une vision « particulière » et «contemporaine» du pays, de son architecture traditionnelle, de ses paysages et surtout de la vie de ses habitants. En ce sens, il nous précise que l’exposition,  qui se prolongera jusqu’au 31 octobre, était l’occasion  pour lui de partager une petite sélection des œuvres qu’il réalise «au quotidien», les plus anciens croquis remontant ainsi au milieu de la décennie 2000. L’organisation de ce deuxième volet de « Carnets de voyages » laisse également apparaître un certain intérêt des galeries -en tout cas de la galerie El Yasmine- et des collectionneurs, pour ce type d’œuvre. L’artiste nous confie à ce sujet que «le rendez-vous de 2016 a été une réussite, presque toutes les œuvres avaient trouvé preneur. Et cette deuxième exposition est ainsi organisée à la demande de la galerie et de ses visiteurs». Quant au contenu des ses « quarante-quatre croquis », que le public pourra découvrir dès 15 heures, il s’agit, explique l’artiste, « d’une série réalisée lors de mes voyages dans les différentes régions du pays ». Des œuvres le plus souvent fruit du hasard, d’une découverte ou d’un arrêt en bord de route, ou dans un village des régions de Biskra, Bou Saâda, Annaba, Ghardaïa, Timimoune, Constantine, Adrar… «Auparavant, quand j’étais directeur de l’école des Beaux-Arts de Mostaganem, j’assistais presque toujours aux séminaires ou festivités… mes déplacements se faisaient en voiture et cela me permettait de prendre mon temps, de faire des haltes, de poser mon regard. Ce qui donnait le plus souvent lieu à des croquis ». Revenant par ailleurs, à la veille du vernissage, sur certains aspects de sa technique de travail, apprise dès son passage à l’école des-Beaux Arts, où le croquis et l’esquisse étaient enseignés comme un préalable à toute peinture, Hachemi Ameur  nous précise : «Je réalise mes croquis sur le moment au crayon et au stylo, je ne gomme jamais mes traits. J’aime travailler de manière spontanée d’une seule fois (…) mais, parfois, certains croquis sont aussi rehaussés à l’aquarelle, à la gouache ou même en les plongeant dans un  bain qui leur donne une couleur particulière. »  Il nous dira, également, qu’il classe ses croquis comme de l’art contemporain. «Ces croquis sont pour moi des œuvres contemporaines dans le sens où je travaille avec des techniques de mon temps, et qu’elles sont le résultat d’un travail particulier et personnel pour lequel je n’hésite pas à montrer la réalité des choses. » Exposition organisée ainsi comme une occasion de partager un regard, un moment de vie, d’une manière que seul le croquis permet. «Les sujets ne sont qu’un prétexte pour montrer la beauté du pays. Parfois, les thèmes de croquis peuvent paraîtres banals (…) Tout est dans le regard que l’on  porte ; et le croquis est en cela très différent de la photo. J’estime que le croquis dégage plus d’expression, il permet à l’artiste de ‘capter’ l’essentiel.» «Carnets de voyages II », que la galerie El Yasmine propose comme une exposition-vente, devrait également être suivie pour l’artiste par une participation, le 26 octobre prochain, à l’exposition collective en hommage à Abdelhalim Hemache, que programme la Maison de la culture de Tlemcen.