La hausse du prix de commercialisation du blé tendre par le ministère de tutelle a encouragé les agriculteurs de la région à se relancer dans la culture de cette catégorie de blé, destinée principalement à la fabrication du pain, et en vue de réduire la facture d’importation, a expliqué le président de la Chambre agricole, Choukri Okba Bouziane. Le prix est donc identique au prix du blé dur estimé à 4 000 DA le quintal.  Pas moins de 90 000 quintaux (q) de céréales sont obtenus cette année, 80% de la production sont des semences. Un chiffre acceptable selon le président de la Chambre agricole,
65 000 q/ha en 2017/2018. La superficie destinée à l’emblavement céréalier pour cette saison est estimée à plus de 4 000 hectares entre blé dur et blé tendre.  M. Bouziane à fait état de l’acquisition de 50 pivots d’irrigation supplémentaires, installés l’été écoulé, qui viendront renforcer les 122 existants et améliorer les rendements céréaliers. Une telle augmentation laisse entrevoir des perspectives prometteuses  sur le plan de l’amélioration de la production et des rendements céréaliers au niveau des champs de céréales de Hassi Benabdallah, Gassi-Touil à Hassi Messaoud et Sahn N’Goussa. Les pistes, l’électricité et les autorisations de prélèvement d’eau de puits demeurent des problèmes très inquiétants qui affectent le secteur au niveau local et poussent beaucoup d’exploitants à s’orienter vers d’autres domaines autre que l’agriculture, révèle le président de la Chambre agricole de Ouargla, dans une déclaration à Reporters.
L’absence d’électricité à Gassi-Touil (Hassi Messaoud), ce pôle céréalier par excellence, a obligé les fellahs à suspendre leur activité dans les champs. « Le fellah ne peut supporter les dépenses de 22 000 jusqu’à 30 000 DA par jour, prix du mazout destiné à faire fonctionner le générateur électrique», explique M. Bouziane.
Le blé tendre pour réduire l’importation
Selon Babziz Omar, membre du bureau national de la division des céréales et  coordinateur des wilayas du Sud, le prix de commercialisation « trop bas » du blé tendre par rapport au blé dur a suscité beaucoup de réticence chez les céréaliers à l’égard de la production de ce blé, destiné à la fabrication de la farine, indispensable dans la confection du pain.
La production nationale en blé tendre n’est que de 5%. Les 95% restant sont importés, ce qui pèse lourdement sur la facture des importations, se désole M. Babziz.
Les céréaliers se dirigent uniquement vers la culture de blé dur pour son prix de commercialisation élevé, c’est ce qui a fait que la production de blé tendre est restée très minime.
Nouvelles variétés du blé pour une meilleure production
Environ 16 variétés sont introduites cette année dans la céréaliculture pour l’amélioration de la production, quantitativement et qualitativement. Les spécialistes en céréaliculture d’Ouargla ont proposé dernièrement, lors d’une réunion ministérielle, de faire de la wilaya d’Ouargla une pépinière nationale des semences. Ouargla compte, selon Omar Babziz, plus de 200 variétés de semences de blé, mais uniquement 40 variétés sont consommées. L’Algérie, selon ce dernier, est parmi les rares pays qui disposent de leurs propres variétés pures du blé. Environ 16 variétés de blé tendre sont actuellement n phase d’essais par l’Institut technique des grandes cultures (ITGC), introduite, depuis trois ans dans la wilaya de Ouargla et d’autres villes du Sud. Les résultats obtenus, en 2018,  sont très encourageants et ont atteint les 70 q/ha de blé d’excellente qualité, révèle M. Babziz.
A noter que durant l’année 2018/19, l’Algérie a importé 4,6 millions de tonnes de blé tendre de France, soit 34% de plus que celle de 2017/18  multipliée par trois par rapport à la campagne 2016/2017, a rapporté le site spécialisé Mer et Marine en mai 2019. Selon le même site, la hausse considérable de la production algérienne de blé dur  n’a pas empêché l’Algérie de se tourner vers le marché international pour combler ses besoins, notamment la France, qui représente 55% des approvisionnements de l’Algérie en blé tendre durant la campagne céréalière 2018/2019.