Le constat était sans appel. Djamel Belmadi a tout simplement « honte » quand il voit la qualité des pelouses en Algérie. Après s’être arrêté sur le piteux état du gazon du stade 5 juillet 1962 (Alger) en septembre dernier, le driver de l’EN a paru dégouté après l’inspection de l’aire de jeu de l’antre Mustapha Tchaker de Blida. Ce dernier abritera l’amical Algérie – RD Congo ce soir (20h45). En marge de sa conférence de presse, animée mardi au Centre technique national (CTN) de Sidi Moussa, le chef de la barre technique de l’EN a dit les quatre vérités aux responsables. Sans détour.

Un champion d’Afrique qui n’a pas un stade et une pelouse dignes de son statut, bienvenu en Algérie. Belmadi a paru désabusé lorsqu’il a été appelé à évaluer la qualité de l’herbe de Tchaker sur lequel évolueront ses poulains ce soir face à la RD Congo. « Aujourd’hui, il y a un vrai souci de stades. Très gros soucis de stades. C’est malheureux », concède-t-il. L’architecte du sacre continental des « Verts » a même raconté sa gêne lors d’Algérie – Maroc comptant pour les éliminatoires du CHAN-2020. « J’ai vu le triste spectacle du match des éliminatoires du CHAN Algérie –Maroc. Il ne faut pas avoir peur de dire que moi j’en avais honte. L’hymne national qui ne fonctionne pas, l’éclairage qui s’éteint, pelouse en piteux état… Ça faisait très mal de jouer contre son voisin et d’assister à ce genre de scène. Franchement, ça me fait mal au cœur», déclarera Belmadi devant les journalistes à l’amphithéâtre Omar Kezzal.

La grosse interrogation
Pendant des années, l’enceinte de Blida était la citadelle d’ « El-Khadra » qui y a joué 35 matchs sans en prendre aucun (30 victoires et 5 nuls). Aujourd’hui, Belmadi ne sait pas s’il en fera sa citadelle pour les prochaines sorties. Surtout à l’approche du début des éliminatoires de la CAN-2021 prévues en novembre prochain avec ce duel contre la Zambie en Algérie : « Je ne peux pas dire aujourd’hui que Tchaker est le stade sur lequel on va évoluer. Je ne sais pas. Franchement, il y a un gros point d’interrogation », lance-t-il en regrettant le fait que « les choses n’ont jamais évolué. Et sur ce que j’ai vu hier (en inspectant la pelouse), je me dis qu’on n’a jamais été entendus et qu’on n’a jamais été pris au sérieux.» En décrypté, le driver des « Guerriers du Sahara » insinue que les responsables ne veulent pas faire en sorte que les choses changent malgré son insistance pour avoir un terrain praticable qui permette à ses protégés de développer le jeu fluide qu’ils ont produit en Egypte lors de la dernière CAN. Là-bas, les rectangles verts permettaient à Mahrez & cie de s’exprimer avec aisance.

Alors monsieur Bernaoui ?
Pourtant, récemment, Raouf Salim Bernaoui, premier responsable au ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), a laissé entendre que notre pays disposait des infrastructures nécessaires pour pouvoir organiser la Coupe d’Afrique des nations 2021 dans le cas où le Cameroun sera déchu de son statut de nation hôte : « Ce que je sais c’est que la Tunisie n’a pas les stades qu’il y a en Algérie, le Maroc n’a pas les stades qu’il y a en Algérie et l’Egypte n’a pas les stades dont dispose l’Algérie. Et je pèse mes mots », avait, avec un surplus de confiance, estimé Bernoaui début septembre. Ce à quoi Belmadi a certainement répondu en lâchant : « on vient inaugurer des choses, couper des rubans et à la fin, il n’y a rien. Sur ça je suis dépité. J’ai toujours essayé de maquiller les choses mais on sent qu’il n’y a pas une vraie prise de décision de fermer le stade pendant 3 ou 4 mois et faire le travail nécessaire. C’est juste ça qu’il fallait et ça fait 10 ans que ça dure. Ce n’est pas mes propos mais ceux des jardiniers du stade. Pour moi c’est criminel de ne pas avoir une pelouse en Algérie. En Afrique, partout, vous allez trouver des pelouses.» Criminel est le mot juste. Et c’est suffisant pour anéantir les fausses prétentions de Bernaoui. Rien d’autre à ajouter.