Le groupe Volkswagen s’inquiète de l’évolution de la situation de son usine à Relizane, montée en partenariat avec le groupe Sovac, son représentant historique en Algérie. A l’instar des autres projets de montage automobile dans notre pays, l’usine Sovac Production traverse une période difficile, marquée notamment par l’incarcération, depuis plusieurs semaines, de son P-DG Mourad Oulmi, le blocage du compte bancaire de la société, mais surtout par l’épuisement de son quota de kits CKD-SKD pour le compte de l’année 2019, qui a généré la cessation des activités, alors qu’un administrateur a été désigné récemment par les pouvoirs publics.

Par Feriel Nourine
Dans ce contexte de crise et d’incertitude quant au devenir de Sovac Production, la ministre de l’Industrie et des Mines, Djamila Tamazirt, s’est montrée rassurante lorsqu’elle a reçu, lundi, les ambassadeurs d’Allemagne, d’Espagne et de Tchéquie, accompagnés des représentants des trois marques assemblées à Relizane, à savoir VW, Seat et Skoda. « Après les réajustements opérés en 2019, l’activité du groupe Sovac reprendra son cours normal en 2020 », a fait savoir la ministre après avoir pris connaissance de l’état d’avancement du projet Volkswagen en Algérie et des prochaines étapes de son développement. Dans un communiqué du ministère de l’industrie et des Mines, il est précisé qu’« un plan de développement de la sous-traitance impliquant des équipementiers a été présenté dans l’objectif de renforcer l’activité industrielle du Groupe, l’intégration et de s’orienter vers l’exportation des pièces, composants et véhicules dans le strict respect de la réglementation ». Un plan qui, faut-il le préciser, a été déjà présenté lors de l’inauguration de l’usine Sovac Production, en juillet 2017. La première responsable du secteur s’est même « félicitée de l’engagement du groupe Volkswagen à développer l’intégration, la sous-traitance et l’exportation, qui constituent les objectifs assignés à cette deuxième phase de l’industrie automobile en Algérie », poursuit la même source, soulignant qu’elle a « suggéré la mise en place d’un groupe de travail composé de techniciens du ministère et de l’entreprise Sovac et du constructeur automobile qui sera chargé de se pencher sur ces aspects ». Il est à savoir néanmoins quel sens faudra-il donner à la « reprise normale » que promet à Sovac Production le ministère de tutelle. Celle-ci se fera-t-elle avec reconduction des mesures de quotas de kits CKD-SKD décidées par le gouvernement ou permettra-t-elle à l’usine de Relizane, et aux autres usines, d’évoluer avec moins de restrictions pour se maintenir en activité durant toute l’année ? Sur ce chapitre, Mme Tamazirt avait déjà affirmé que les mesures introduites pour réduire la facture d’importation de ces kits étaient « transitoires » et visaient un réajustement de la balance des paiements. « Il s’agit de mesures transitoires visant à réajuster la balance des paiements et à apporter des correctifs à même de mieux orienter le dispositif d’incitation dédié à la filière automobile », avait-elle précisé lors d’une rencontre avec l’Ambassadeur d’Espagne en Algérie, quelques jours après la décision prise par le gouvernement de plafonner à 2 milliards la facture des importations des collections CKD-SKD. A effet rétroactif, cette mesure signifiait qu’une partie des 2 milliards de dollars avait été déjà consommée. Le reste du montant a été partagé entre les quatre usines dont les projets et les programmes de production (modèles) ont été validés par le Conseil national de l’investissement (CNI), en l’occurrence Renault Algérie Production Renault et Dacia), Sovac Production VW, Seat et Skoda), Gloviz (Kia) et Tahkout Manufacturing Company (Hyundai).

Kia Motors fait l’éloge de l’usine Gloviz
Durant la même journée de lundi, un autre projet automobile faisait l’actualité à Batna. Celui de l’usine Kia (Gloviz) qui fêtait son premier anniversaire. Une célébration qui a eu lieu loin du faste qui caractérisait en temps normal pareil événement, sachant que la filiale de Global Group est orpheline de son patron Hassen Arbaoui, emprisonné à El-Harrach depuis juillet dernier et que ses chaînes d’assemblage se sont retrouvées, elles aussi, en manque de collections CKD-SKD après épuisement du quota qui lui a été attribué par le gouvernement. Mais le premier anniversaire de Gloviz aura tout de même constitué une occasion propice au P-DG de Kia Motors Corporation dans la région Moyen-Orient et Afrique, Kim Kyung Hyeon, de s’adresser indirectement au gouvernement algérien dans une sortie qui a tout d’une plaidoirie au bénéfice du projet implanté dans la capitale des Aurès. Faisant l’éloge de l’usine Kia en Algérie, M. Hyeon dira que ce site « a la capacité de répondre aux attentes de l’Etat algérien de mettre en œuvre la pleine industrialisation Full CKD ».
Pour mettre fin à certaines rumeurs annonçant, ces dernières semaines, le divorce entre la maison mère et Gloviz, le même responsable a rappelé que KMC « a contribué » au capital de l’entreprise et que cette contribution « renforce la confiance que nous avons placé à la suite de recherches approfondies qui ont permis de prouver la qualité et la réputation de l’usine Gloviz et de la société de distribution « Kia EL Djazaïr » à travers ses agents sur le territoire national». En mai dernier, le gouvernement avait décidé de plafonner à 2 milliards de dollars les importations de kits CKD-SKD destinés à l’assemblage de véhicules de tourisme pour le compte de l’année 2019.