Le sélectionneur national, Djamel Belmadi, a animé, hier, une conférence de presse au Centre technique national (CTN) de Sidi-Moussa. Avant les deux matchs amicaux du mois d’octobre contre la RD Congo, demain (20h45) au stade Mustapha Tchaker (Blida), et face à la Colombie cinq jours plus tard à Lille, le driver de l’EN a fait le point sur son effectif. L’info qui ressort est l’aveu, bien qu’à demi-mot, que Faouzi Ghoulam n’a plus la carrière internationale en priorité. À moins d’un changement de posture…

C’est certainement ce qu’on retiendra le plus de ce face-à-face entre Belmadi et les journalistes à l’amphithéâtre Omar Kezzal au CTN. Faouzi Ghoulam ne devrait plus porter le maillot de l’Algérie. En tout cas, pas tout de suite parce que le coach des « Verts » n’a jamais eu des « retours adéquats » de la part du sociétaire du Naples SSC (Serie A/Italie) où il ne joue plus comme avant. Surtout après avoir eu des problèmes avec son genou (blessure puis rechute).
Le premier responsable de la barre technique algérienne semble intéressé par l’ancien Stéphanois : « J’ai des contacts avec Faouzi, je le suis, je communique. Lorsqu’il avait le genou en vrac j’ai été le voir, c’est rare qu’on voit ce genre de comportements d’un sélectionneur », a-t-il déclaré non sans ajouter qu’« on a tendu la main mais le retour n’était pas bon.»
« Est-ce qu’ils veulent revenir ? »
La non-convocation pour la date Fifa d’octobre n’a rien de personnel : «Je n’ai aucun problème personnel avec Ghoulam pour ne pas le convoquer. Si je le fais ce choix c’est pour l’équipe nationale », précisera Belmadi qui a jeté un pavé dans la mare en s’interrogeant : « Je ne veux pas leur faire du tort, mais est-ce que ces joueurs veulent revenir ? »
Le fait que le latéral gauche ait décliné la convocation pour la CAN-2019, que les « Fennecs » ont remportée, viendra soutenir l’hypothèse que l’ancien signataire de l’AS Saint-Etienne n’est pas vraiment préoccupé pour retrouver une place en sélection. Son retour au sein du « Club Algérie » ne semble plus d’actualité. Quasiment compromis même dans un cercle qui se fermera encore plus en cas de bons résultats et à l’approche des dates officielles.

Tchaker, de hantise à honte
En tout cas, Ramy Bensebaïni, actuel surprenant leader de la Bundesliga (Allemagne) avec le Borussia actuellement, n’a pas de véritable doublure sur le côté gauche de la défense. Surtout après la grave blessure contractée par Mohamed Fares. Ilyes Chetti a été, comme au mois de septembre dernier, rappelé et espère certainement se faire de la place dans les plans du coach. L’actuel pensionnaire de l’Espérance de Tunis pourrait avoir du temps de jeu contre la RD Congo. Ça sera dans l’antre de Mustapha Tchaker où les « Guerriers du Sahara » n’ont jamais perdue en 35 sorties. Si l’enceinte blidéenne est une hantise pour les adversaires, sa pelouse fait carrément honte à Belmadi. « On a un vrai souci de stade. Ça fait un an que je me déplace à Tchaker, à chaque fois on me dit la même chose. J’ai été hier et c’est vraiment du bricolage… J’ai eu honte lors du match des A’, l’hymne qui ne démarre pas, l’éclairage qui saute… », regrette-t-il. L’ex-entraîneur d’Al-Duhail (Qatar) note aussi que « l’organisation des matchs internationaux est très compliqué. C’est pour ça qu’il ne faut pas faire le malin ou faire patienter au risque de perdre la possibilité d’une telle rencontre comme la Colombie. Mais imaginer la Colombie à Tchaker… Jamais ils n’auraient accepté.»  Ça, c’est dit.

Le cas Aouar
Pour revenir à l’effectif, le successeur de Rabah Madjer a parlé de l’éventuelle arrivée de Houssem Aouar. Le nom du Lyonnais ne cesse de circuler et revient sans cesse depuis le mois de mars dernier. Pour Belmadi, les choses sont simples : « Aouar est un joueur de l’équipe de France même si il n’a pas encore joué et qu’il reste sélectionnable.» L’architecte du sacre continental ne s’est pas arrêté là. « Si on remonte historiquement, mis à part les joueurs du FLN citez-moi un joueur qui a quitté l’équipe de France pour rejoindre celle d’Algérie ? Ce serait une première. Il y a une possibilité pourquoi pas…», a-t-il comparé. Comme pour dire que s’il a le potentiel d’évoluer en « Bleus », il sera difficile pour le milieu de terrain des « Gones » de renoncer à ce choix sportif.

Larouci, Adli et les autres
Comme Aouar, d’autres jeunes pépites algériennes pullulent en championnat de France ainsi qu’en Angleterre. Il s’agit de Yacine Adli (Girondins de Bordeaux) et Rayane Aït-Nouri (SCO Angers) outre Yasser Larouci (Liverpool FC). « Les joueurs cités savent très bien qu’on est intéressés par leurs profils, ce sont des Algériens mais est-ce qu’ils ont montré une envie de portier le maillot algérien ? Est-ce que l’un deux a indiqué qu’il veut jouer pour les verts ? Vous (les journalistes) pouvez leurs poser la question et si l’un d’eux déclare qu’il veut jouer pour l’Algérie on va les appeler », reconnaît Belmadi qui insinue qu’il aimerait bien savoir si ces talents ont déjà tranché pour le choix de sélection. Par ailleurs, il a insinué que pour venir jouer avec les Champions d’Afrique, il faut évoluer à un certain niveau : « Larouci joue en équipe réserve de Liverpool ! Avec tout le respect que j’ai pour lui et On espérant qu’un jour il devienne un grand joueur, un peu de respect pour notre sélection !» Clair, net et précis.

La seconde chance pour Hassani
Dans la liste des 23 joueurs retenus pour les deux prochaines sorties amicales, on notera la présence du défenseur central Ilias Hassani élu pour tenter de palier le départ en retraite de Rafik Halliche. Un choix qui a surpris certains. D’autant plus que le jeune international espoir, Mohamed Amine Tougai, semblait bien placé pour être convoqué.
Pour le premier responsable de la barre technique d’El-Kahdra : « Hassani n’a pas eu souvent sa chance. Il a mal démarré en sélection dans un match à l’extérieur mais pour moi c’est un jeune joueur intéressant. C’est à lui de valider ou pas sa place sur ce stage.» Celui qui évolue en Bulgarie, à l’Arda Kardjali plus précisément, aura donc une seconde chance pour rectifier le tir et convaincre de son mérite d’être appelé.

« Perturbateurs », un terme regretté
Réputé pour son franc-parler, Belmadi a aussi profité de cette sortie médiatique d’avant-matches pour revenir sur certains propos qu’il n’aurait, avec du recul, pas employés. « Autant je ne regrette pas le terme de criminels de l’audiovisuel, autant je regrette le terme de perturbateurs quand j’ai parlé des joueurs que j’ai écarté avant la CAN, concède-t-il. C’est juste que certains joueurs avaient pris de mauvaises habitudes, ils voyaient les sélectionneurs passer et avaient toujours les mêmes comportements. La plupart ont changé de comportement et d’autres ne le voulaient pas ou ne le pouvaient pas.» Après avoir instauré de la discipline autour de lui, l’ancien Marseillais cherche à établir une sérénité durable et à détendre, un peu plus, l’atmosphère avec ses poulains qui se sont toujours sacrifiés pour lui en adhérant à ses discours et sa méthodologie. Belmadi a calmé le jeu tout en restant ferme lors de cette conf’. Difficile de lui trouver de fausses notes.n

La conf’ en vrac

  • Sur le match face à la Colombie : « Quand Carlos Queiroz choisit de jouer avec nous c’est parce qu’il cherchait la meilleure équipe africaine. C’est aussi une fierté qu’on soit respectés. On ne va pas être juste un sparring-partner. Ça n’a pas été facile de trouver une ville en France pour nous recevoir, certaines villes ont refusé. Lille a accepté, nous sommes heureux d’y aller. Évoluer en France, c’est bien pour notre communauté mais c’est bien aussi pour notre sélection de jouer à l’extérieur. Le match à guichet fermé en deux jours, ça montre l’amour des Algériens pour leur équipe. C’est unique !»
  • L’appel aux supporters à Lille : « J’ai juste envie d’envoyer comme message : que les supporters profitent. Ils auront une équipe qui va les rendre fiers, qui va jouer à fond et que de leur côté tout se passe bien. Sans le moindre incident, un peu à l’image de ce qui se passe les vendredis au pays. Je n’ai aucune appréhension même si j’ai en tête ce qui s’est passé au stade de France en 2001 (envahissement de terrain et match arrêté). Je suis surtout heureux de retrouver le public après notre sacre, être fier de quelque chose qui se passe en Algérie, au moins dans le sport »
  • Sur sa 4e place au FIFA Best coach : « Mais avant de parler du vote des pays arabes sur les FIFA Awards, on doit se poser des questions aussi sur nous même. Est-ce que nous entre Algériens on s’aime ? Etre quatrième ou dixième c’est super. Ça veut dire qu’on travaille bien. Concernant le vote des pays arabe, ça ne m’étonne pas… Au Qatar il y’a toutes les nationalités. J’ai appris à les connaître, c’est pour ça qu’en allant en Egypte j’étais prévenu… »
  • Sur la forme de Slimani : « Slimani marche sur l’eau. Il fait des choses exceptionnelles dans une équipe moribonde. C’est un pari d’un entraîneur qui le connaissait déjà (Léonardo Jardim). Il est le numéro 1 au milieu de vedettes. Je ne suis pas étonné. Avec sa mentalité il pourra battre le record de Tasfaout ».
  • La concurrence au sein de l’EN : « Quand je dis qu’il est difficile de rentrer dans le groupe c’est quelque chose de positif. Si à chaque stage il y’a des joueurs qui rentrent ça veut dire qu’il n’y a pas de résultats. Il y’a un groupe qui a gagné la CAN. On a même deux équipes. Dur de changer »