Alors que le pays est rentré dans un processus électoral délicat qui devrait déboucher sur une élection présidentielle décisive pour l’avenir du pays, un excès de tension est de plus en plus palpable. De quoi rajouter à un état d’anxiété qui agrippe le pays depuis plus de sept mois d’affilée. Dans sa disponibilité pourtant affichée à accompagner les citoyens dans l’entreprise de refondation nationale entamée depuis le 22 février, le pouvoir semble vouloir imposer sa propre vision du renouvellement politique. Une option dans laquelle la voix discordante ne semble nullement bienvenue. On pourrait à la limite comprendre ce choix par l’anxiété que susciterait une situation inédite où des Algériens sont dans la rue rejetant le gouvernement et ses représentants. Aussi par un souci de garder la situation au stade du contrôlable. Mais il ne faudrait pas être un fin politologue pour savoir qu’un scrutin, présidentielle qui plus est, a besoin d’un minimum de sérénité et de pondération pour pouvoir se dérouler dans les conditions minimales. Que même les critiques et les boycotteurs ont le droit de donner leur avis. Il y va de la qualité d’un scrutin qui engage tout un chacun, les partisans comme les réfractaires. Faire adopter son projet avec l’aval des citoyens sortis revendiquer le changement requiert davantage un doigté que l’actuelle posture ne semble pas offrir et qui pourrait même s’avérer risquée. Ces citoyens manifestants persistent dans leur demande d’un processus consensuel de transition et d’un changement, préalable à toute élection dans le cadre constitutionnel. À cette persévérance revendicative semble répondre un autoritarisme producteur d’angoisse. Les excès que provoque nécessairement la pression exercée contre un mouvement populaire revendicatif pacifique ne devraient aucunement servir une option électorale. Notamment dans une conjoncture politique sensible, censée déboucher sur la fin de la crise.