La collecte des signatures de parrainage ne semble pas être une sinécure pour les postulants à la présidentielle du 12 décembre prochain. Cette opération, indispensable pour qu’une candidature soit validée par l’Autorité nationale indépendante des élections, rencontre des difficultés sur le terrain en raison de plusieurs facteurs.

Mais selon toute vraisemblance, le facteur majeur serait lié à la rareté des signataires des formulaires de souscription des signatures individuelles que le potentiel candidat à la présidentielle doit fournir dans son dossier de candidature. Ce qui était d’ailleurs prévisible. Les prémices d’un tel aléa étaient évidentes au vu du rejet du scrutin par bon nombre de la population. Les postulants étaient conscients d’un éventuel problème en matière de récolte de signatures, mais plusieurs d’entre eux, notamment les chefs de partis, ne semblaient pas être inquiétés par cette question et s’étaient même montrés confiants quant à leur capacité à fédérer autour d’eux.
L’autre facteur qui rend difficile la récolte des signatures est qu’au niveau de certaines assemblées communales, il y a refus d’accepter la légalisation des signatures, en sus du fait que certaines APC ont vu leurs accès complètement murés par des citoyens. Des problèmes que l’Autorité indépendante des élections a, dans le cadre de ses prérogatives, tenté de résoudre en déclarant que cette opération ne relevait pas des P/APC ou des fonctionnaires des APC et qu’elle est à la charge de ses délégués communaux. Les notaires ont, par ailleurs, été instruits de procéder à l’authentification des signatures individuelles en vue de faciliter aux potentiels candidats la constitution de leur dossier en matière de collecte de signatures. En vain, car le problème persiste dans plusieurs localités et l’ANIE trouve même des difficultés à installer ses délégués au niveau de certaines wilayas.
Ce qui est certain, c’est que l’opération de collecte de signatures s’avère difficile. Ce qui n’est pas en faveur des postulants à la présidentielle. Cela d’autant qu’il reste moins d’une vingtaine de jours pour que l’Autorité indépendante des élections clôture le chapitre en relation avec les potentiels candidats. L’ANIE devra, en effet, «clôturer l’opération de réception des dossiers des potentiels candidats à la magistrature suprême du pays le 25 octobre prochain», selon son chargé de communication, Ali Draâ. Mais «jusqu’à hier, aucun dossier de candidature n’a encore été déposé auprès de l’Autorité», a déclaré, hier, à Reporters Ali Draâ.
Pourtant, au vu des facilitations accordées dans ce domaine aux postulants au poste de président de la République, cette opération ne devrait normalement pas être aussi périlleuse qu’elle ne l’est actuellement. En effet, la loi organique portant régime électoral amendée tout récemment a révisé le chapitre relatif au nombre de signatures. Il n’est demandé à ceux désireux de se porter candidats à la Présidence que 50 000 signatures individuelles récoltées à travers 25 wilayas, à raison de 1 200 signatures minimum par wilaya, au lieu des 60 000 exigées auparavant. Le chargé de la communication de l’Autorité indépendante des élections a fait savoir que le nombre de personnes ayant retiré les formulaires de souscription des signatures individuelles s’élève à 132.
Sur un autre registre, il a indiqué que «l’opération d’installation des coordinateurs des délégations de wilayas de l’ANIE, qui a débuté samedi dernier, s’effectue progressivement et se poursuivra jusqu’à jeudi ou vendredi prochains». Au fur et à mesure que ces délégués soient installés, «ils suivent, par équipes, une formation qui définit avec précision leurs prérogatives». Dans ce cadre, il faut savoir qu’ils ont une lourde responsabilité car ils ont la charge de superviser tout le processus électoral au niveau de leur wilaya. C’est pourquoi, l’Autorité est en train de préparer un guide des coordinateurs qui leur sera distribué lors d’une session de formation.n