La Confédération des syndicats algériens (CSA), qui regroupe la quasi-totalité des syndicats autonomes, donnera son avis sur la présidentielle, annoncée pour le 12 décembre prochain, durant ce mois d’octobre. Ses représentants ont choisi la date du 17 octobre pour dire s’ils soutiennent ce rendez-vous électoral voulu par les autorités du pays et rejeté pour l’instant par le mouvement populaire pour le changement, le Hirak. Pourquoi cette date ? Son caractère historique, la commémoration de l’anniversaire du « 17 Octobre 1961 », synonyme de la lutte des Algériens de France pour l’indépendance, semble être une simple coïncidence.
Un des représentants de la confédération, Meziane Meriane, du Syndicat national autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Snapest), évoque, en effet, le «temps de réflexion et de concertation et les jours passés par les syndicats à discuter », qui ont conduit au choix du jeudi 17 octobre. « Ce temps n’est pas loin et il est nécessaire pour que les conseils nationaux des syndicats concernés (13 syndicats membres) débattent de cette question », réagit-il également à la question pourquoi attendre la mi-octobre pour décider d’une question politique aussi importante.
«Je pense que ce timing est adéquat d’autant plus que rien ne presse.
Il ne faut pas oublier que nous sommes des organisations syndicales qui obéissons à des échéances organiques propres à chacun et que nous devons saisir nos conseils nationaux avant toute prise de décision » confédérée.
En vérité, on apprend que les membres de la confédération agissent selon une double motivation, temporiser le plus de longtemps possible afin d’épuiser le débat au sein de ses différents syndicats et d’observer le champ politique et les décantations qui peuvent avoir lieu.
Une indication d’autant plus importante qu’au sein de la confédération, les avis sur la pertinence de la présidentielle comme solution de sortie à la crise aiguë que vit le pays sont fortement partagés entre les «pour» et les «contre». «La confédération regroupe tous les courants», confirme Meziane Meriane, soulignant que leur point commun est de s’élever contre la répression et la mise en détention de manifestants du Hirak pour délit d’opinion.
Pour rappel, des syndicats de la confédération ont déjà tenu leur conseil sans que l’on sache quelles résolutions ils ont prises, d’autres le feront incessamment. Le Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) tiendra son conseil jeudi 10 octobre.