Les baisses successives, enregistrées depuis quelques jours sur le marché pétrolier, ont fini par mener le baril en dessous des 60 dollars. Sur la semaine, les pertes pour le Brent de la mer du Nord ont atteint jusqu’à 4,47%, contre 5,3% pour le baril américain WTI.
Et même si l’or noir évoluait plutôt dans une tendance haussière, hier, au dernier jour avant la clôture hebdomadaire, les cours n’évoluaient pas loin des 58 dollars, loin des ambitions des pays exportateurs de brut, notamment ceux engagés dans l’accord Opep+ portant réduction de leur production.
En effet, même en progressant de 0,95% par rapport à jeudi, lors des échanges européens, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait tout juste 58,26 dollars à Londres, sur l’Inter Continental Exchange, alors qu’à New York, le WTI pour livraison en novembre s’affichait à 52,80 dollars, 0,67% de plus que la veille.
C’est donc une semaine morose que le marché pétrolier s’apprêtait à clôturer hier, après la série de déceptions économiques qui l’a marqué et les signes d’alarmes qui se sont multipliées en provenance de l’économie américaine. Parmi ces indices, ceux de l’indice non manufacturier américain de l’association professionnelle ISM, qui s’est établi jeudi à 52,6%, inscrivant 3,8 points de pourcentage en dessous de son niveau du mois d’août. La veille, le cabinet ADP relevait que le secteur privé aux Etats-Unis n’avait créé que 135 000 emplois en septembre, moins que le mois précédent et en dessous des attentes des analystes. Et mardi, l’indicateur ISM portant sur le secteur manufacturier avait inscrit sa plus médiocre performance depuis juillet 2009. Un ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, grand consommateur et une des premières économies mondiales, aura inévitablement un impact sur la demande pétrolière et, fatalement, sur les prix du brut. Ceci d’autant que les indicateurs sur l’économie américaine s’accordent avec les propos du directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, qui a prévenu, pour la troisième fois en l’espace de quelques jours, que les prévisions de la demande en or
noir pour cette année et l’année prochaine pourraient être revues à la baisse», a relevé Carsten Fritsch, analyste pour Commerzbank.