Le Mouvement de la société pour la paix (MSP) ne participera pas à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, et donc, son président Abderrazak Makri ne sera pas candidat selon ses propres propos tenus hier, lors d’une conférence de presse organisée au siège du parti à Alger. Le point de presse de Makri intervenait au lendemain d’une réunion marathon du conseil consultatif du parti et qui a entériné la position du MSP vis-à-vis du scrutin présidentiel du 12 décembre prochain.
Cette position, si elle a surpris plus d’un, n’en a moins réservé quelques zones d’ombre quant au contenu politique que prendrait cette non-participation. Lors de la même conférence, Makri, qui expliquait entre autre le choix de ne pas participer, décidé par le conseil consultatif du parti après une réunion extraordinaire tenue samedi, a souligné que la décision du conseil s’est basée sur plusieurs indicateurs, parmi eux celui de «la réglementation liée aux élections qui n’a pas connu d’évolution positive ». Dans ce sens, il dira que le parti a constaté la persistance de beaucoup de « niches de fraude électorale». En s’étalant sur cette question, Makri a affirmé que « le panel du
dialogue et de médiation ainsi que l’autorité nationale des élections ont été instaurés d’en haut». «Pour ce qui est des lois électorales, elles contiennent aussi beaucoup de lacunes», ce qui n’encourage pas, selon lui, le déroulement des élections dans « des conditions favorables loin de la fraude ».
Dans le même sillage, Makri évoque la niche liée au « corps électoral» qui reste, selon lui, le point «noir» de la fraude et ce, du fait qu’elle est toujours dans le «flou». Mais il ajoute que l’indicateur lié à l’ «absence d’une volonté politique» a joué lui aussi dans la décision du Conseil consultatif du parti de ne pas présenter un candidat pour l’élection présidentielle du 12 décembre prochain.
Parmi les indicateurs que Makri a évoqués, il y a celui du « départ des symboles du système actuel ». Makri dira même que « si Bedoui et son gouvernement n’étaient pas là, peut-être que cela aurait changé énormément la décision du Conseil consultatif ».
A une question de savoir si le parti entend boycotter les élections, il dira que ce n’est pas le cas et que le MSP a choisi de ne pas présenter un candidat, tout en respectant l’avis de la « majorité silencieuse des Algériens » qui « veulent aller aux élections pour
sortir de la situation actuelle. Nous l’avons constaté dans le sondage que nous avons établi à cet effet ». Le président du MSP a souligné aussi que la majorité des candidats actuels aux élections sont dans « le cercle du pouvoir ».
Pour lui, c’est une raison qui fera de la formation d’une coalition entre les partis de l’opposition, une chose difficile du fait qu’il n’y a pas, selon lui, « un candidat déclaré du pouvoir » que l’opposition pourrait affronter. A une autre question de savoir si le parti entend rester par cette position loin du pouvoir durant les années à venir, Makri dira « la stratégie du parti basée sur la participation est toujours valable mais nous ne pleurons pas parce que nous ne sommes pas au pouvoir. Il ne faut pas oublier que nous existons dans le Parlement et les conseils locaux élus. Il ne faut pas oublier surtout que notre stratégie de participation est basée surtout sur l’intérêt que nous portons aux affaires publiques ».n