Le marché informel des changes reste tendu au lendemain de l’annonce, par le gouvernement, dans l’avant-projet de loi de finances 2020, d’autoriser à nouveau le recours à l’importation de véhicules de moins de trois ans d’âge. Dimanche, sur le marché informel des changes, Square Port-Saïd, la principale devise du Vieux Continent se rapprochait toujours de ses records d’avant la chute de l’été dernier. Un euro valait, hier, 202 dinars à l’achat et 199 dinars à la vente, tandis qu’un dollar valait 182 dinars à l’achat et 179 dinars à la vente. En revanche, le dollar canadien se traite à 136 dinars à la vente et 133 dinars à l’achat. Certes le contexte politique est toujours instable, même avec la perspective d’une élection présidentielle prévue le 12 décembre prochain, cela étant, la conjoncture parait profitable aux cambistes qui misent gros sur le retour de l’importation de véhicules de moins de trois années d’âge, une mesure contenue dans l’avant-projet de loi de finances 2020. Une deuxième mouture de ladite loi, diffusée jeudi dernier, souligne que les mesures de la loi budgétaire du prochain exercice autorisent les citoyens à importer des véhicules touristiques d’occasion à moteur essence, de moins de trois ans, à leurs propres frais, moyennant paiement des droits et taxes légales et dans le respect des normes de protection de l’environnement. Les cambistes se frottent d’ores et déjà les mains et parient sur une hausse importante de la demande, d’autant plus que l’industrie d’assemblage automobile n’offre guère de perspectives aux consommateurs. D’ailleurs, dans le contenu rendu public de l’avant-projet de loi de finances 2020, il est clairement indiqué que l’acquisition des véhicules de moins de trois ans doit être soutenue par les frais propres des acquéreurs. Cette perspective pourrait susciter une nouvelle hausse des cours des devises sur le marché informel à l’heure où le marché interbancaire est comme interdit de participer à une quelconque transaction d’importation de véhicules usagés. Du reste, sur le marché informel, les cours du dinar fluctuent en fonction de la cotation de l’euro et du dollar sur les Bourses mondiales. Hier, les cotations hebdomadaires des billets de banque et chèques de voyage, publiées par la Banque d’Algérie, lèvent le voile sur une légère reprise du dinar face à l’euro et une perte infime face au dollar. La valeur du dollar est fixée à 118,54 DA à l’achat et à 125,78 DA à la vente, tandis que la valeur de l’euro est de 129,98 DA à l’achat et de 137,94 DA à la vente. A rappeler que sur la semaine dernière (22 au 28 septembre 2019), la valeur du billet vert était fixée à 118,13 DA à l’achat et à 125,34 DA à la vente, alors que la valeur de la monnaie unique était de 130,63 DA à l’achat et de 138,66 DA à la vente. Il y a une année (du 23 au 30 septembre 2018), la valeur dollar était fixée à 116,35 DA à l’achat et à 123,45 DA à la vente. La valeur de l`euro était de 135,17 DA à l’achat et de 143,48 DA à la vente. Pour ainsi dire, si la valeur du dinar menace de baisser à la faveur des décisions contenues dans l’avant-projet de loi de finances 2020, sa valeur sur le marché interbancaire est fixée par la Banque centrale en fonction de l’évolution des principales devises avec lesquelles le pays vend et achète ses marchandises.