Les Houthis, qui ont lancé une opération militaire non loin de la ville saoudienne de Najran, ont capturé plusieurs milliers de soldats et officiers saoudiens, selon le porte-parole des forces armées du mouvement Ansar Allah.

Des milliers de soldats et officiers saoudiens ont été faits prisonniers pendant l’attaque menée par les Houthis près de la ville frontalière saoudienne de Najran, a annoncé le porte-parole des forces armées du mouvement Ansar Allah, Yahya Saree, à la télévision. «Nos forces armées annoncent la tenue d’une opération militaire d’envergure sur l’axe de Najran, la plus grande opération contre les forces ennemies depuis le début de l’agression.
L’opération a permis d’écraser trois brigades ennemies, de saisir des centaines des véhicules et blindés et de capturer des milliers de militaires dont beaucoup de commandants, d’officiers et de soldats de l’armée saoudienne», ont indiqué les Houthis. L’attaque présumée a été lancée avec l’appui de drones et de batteries anti-aériennes. L’information n’a pas été confirmé par les Saoudiens. Selon les médias et les informations sur les réseaux sociaux, les Houthis ont également indiqué que la coalition arabe dirigée par Ryad avait subi «des pertes considérables en matériels et en effectifs», des centaines de soldats ayant été tués ou blessés. Riyad n’a pas commenté ces informations pour le moment. Leur confirmation serait considérée comme une nouvelle déculottée face au mouvement Houthis après l’attaque aux drones qui a endommagé de moitié les installations pétrolière du Royaume.   
Conflit et hypocrisie
 Le conflit entre le gouvernement yéménite et les Houthis dure depuis 2014. La coalition de pays arabes dirigée par l’Arabie saoudite soutient le gouvernement yéménite depuis mars 2015. En décembre 2018, les parties en conflit se sont pour la première fois mises à la table des négociations à Stockholm, dans le cadre des discussions organisées sous l’égide de l’Onu. Les négociations ont débouché sur plusieurs ententes sur l’échange des prisonniers, l’arrêt des hostilités à Hodeïda, sur la mer Rouge et la remise de cette ville contrôlée par les Houthis sous le contrôle de l’Onu. La double attaque sur des installations pétrolières saoudiennes continue de faire réagir. Pour le chercheur yéménite Farea Al-Muslimi, il est nécessaire que les Occidentaux agissent réellement pour la paix. Du côté de l’Iran, accusé d’être à l’origine de cette attaque, le ministre des Affaires étrangères a prévenu qu’une frappe punitive amènerait à une guerre totale. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est, lui, en tournée dans le Golfe pour «bâtir une coalition destinée à parvenir à une solution pacifique». Au milieu de ces échanges par médias interposés, le Yémen, d’où les Houthis affirment avoir lancé l’attaque. Pour Farea Al-Muslimi du centre de recherches stratégiques de Sanaâ cité par radio France internationale, il est temps de se rendre à l’évidence et d’arrêter d’utiliser le Yémen pour combattre l’Iran à travers les rebelles Houthis. «Les Saoudiens mènent une guerre au Yémen depuis quatre ans et ça ne marche pas. Ils continuent de penser que cette guerre est utile. Ceux qui en ont payé le prix ce sont les Yéménites, et celui qui en a le plus profité, c’est l’Iran. Ceux qui sont les moins affaiblis quatre ans plus tard, ce sont les Houthis », analyse le chercheur. L’appel de la France à la désescalade entre les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran n’est qu’hypocrisie aux yeux de Farea Al-Muslimi qui rappelle le rôle actif de la France dans cette guerre. « Quand la France vend des armes à l’Arabie saoudite, la question n’est plus de savoir par qui elles seront utilisées. Le problème, c’est de vendre le positionnement diplomatique du pays. La France aurait pu mettre un veto à cette guerre en 2015 quand elle a commencé. Mais à la place elle a dit : «Nous sommes en accord avec ça et nous vous vendrons des armes à vous, Saoudiens, tant que vous venez avec votre carte bleue». Quatre ans plus tard, les systèmes économiques et politiques du Yémen sont détruits, mais pour les membres du Sanaâ Center, il est encore temps de parler de paix. Selon les chercheurs il faudrait pour cela que les pays du Conseil de sécurité des Nations unies cessent de se plier aux volontés de Riyad.n