Après avoir été poussé à l’arrêt de ses activités, en début du mois de septembre, pour épuisement du stock de fer brut, le complexe Sider El Hadjar (Annaba) bénéficie ces deux dernières semaines d’un approvisionnement régulier en cette matière, a indiqué samedi à l’APS son P-dg Chamseddine Maâtallah, précisant que cet approvisionnement porte sur une moyenne quotidienne de 5 000 tonnes avec un pic de 8 500 tonnes.

Cette cadence devrait permettre au complexe de reconstituer ses réserves en matière première nécessaire pour la pérennité de son activité dont la consommation est de 6 700 tonnes par jour. « Le complexe Sider El Hadjar a besoin pour éviter la perturbation de ses activités et pour préserver ses moyens de production, de constituer des réserves suffisantes pour 30 jours d’activités afin d’éviter la mise en arrêt du haut-fourneau et honorer les commandes des clients ». Pour rappel, le complexe sidérurgique d’El Hadjar traverse, depuis des années, des zones de turbulences dangereuses pour sa survie même, notamment à travers les suspensions de ses activités qui se répètent depuis l’année dernière, dont la toute dernière du genre est a eu lieu au début du mois en cours, lorsque le haut fourneau, le maillon fort de toute le chaine de production, a été mis temporairement à l’arrêt suite à l’épuisement du stock du fer brut et l’irrégularité dans l’approvisionnement du complexe depuis la mine d’Ouenza. Durant l’été 2018, le site avait connu de fortes perturbations et des arrêts d’activités pour un épineux problème d’alimentation en eau qui avait touché l’ensemble de la wilaya de Annaba. La même atmosphère de turbulences y a régné durant le premier semestre de 2019 à travers une série d’autres arrêts du genre provoqués le manque d’approvisionnement en matière première, mais aussi de la grève des travailleurs de la mine de Boukhadra et de la Société nationale de transport de chemin de fer (SNTF), qui soulevaient des préoccupations socio- professionnelles. Ce joyau de l’industrie algérienne dispose d’une capacité de production de 2 400 tonnes par jour de produit ferreux, soit 1000 tonnes de fer à béton et 1 400 tonnes de produits plats. Lors d’un Conseil interministériel tenu il ya une quinzaine de jour, il a été décidé que les entreprises ayant à charge des projets publics devront s’approvisionner à El Hadjar. Cette initiative s’inscrit dans la démarche des pouvoirs publics visant à réhabiliter le complexe à travers des mesures qui permettront de « traiter immédiatement les différentes entraves au fonctionnement » du site et « relancer son activité selon les normes en vigueur, développer ses capacités de production et promouvoir le produit national », avait-on souligné. Parmi ces mesures, et non des moindres, « l’obligation pour toutes les entreprises en charge de la réalisation des projets publics d’approvisionner leurs chantiers exclusivement en fer produit localement, essentiellement à partir du complexe d’El Hadjar», a-t-on expliqué, ajoutant que « cette condition sera dorénavant introduite dans les cahiers des charges relatifs à tout projet financé par le Trésor public».n