Quelques jours après l’incendie, mardi, qui a coûté la vie à 8 nouveau-nés au sein de la structure spécialisée « mère et enfant », dans la wilaya d’El Oued, son ombre plane encore sur le secteur sanitaire local. La mise en détention provisoire de sept employés de cette structure a suscité une certaine colère chez leurs collègues qui considèrent que ce qui est arrivé relève d’« une erreur pure et simple », selon des informations fournies par une source locale.
Selon la même source, certaines sages-femmes de cette structure sanitaire pensent même à mener une action de contestation pour attirer l’attention sur ce qu’elles considèrent comme « circonstances difficiles » dans lesquelles elles mènent leur travail et ce dans une structure qui prend en charge environ 50 accouchements par jour. « Des banderoles faisant état de cette situation ont également été brandies récemment par les employés », nous dit- on à cet égard. Selon la même source, les sages-femmes de cette structure sanitaire ont également manifesté de la
« sympathie » à l’égard de leurs collègues mis en détention provisoire mercredi suite à ce drame dû, selon des informations préliminaires, à un court-circuit durant l’utilisation d’un appareil anti- moustique.
Contacté par Reporters, Mustapha Khiati, professeur en pédiatrie et président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), a souligné que ce drame résultait d’un « cumul d’erreurs de gestion ».
Il avait aussi indiqué que « dans un service de nouveau-nés comme celui où l’incendie s’est déclenché, il doit y avoir une infirmière en permanence de jour comme de nuit ».
Le magistrat instructeur a ordonné, mercredi, le placement en détention provisoire d’une infirmière dans le cadre du drame dont a été le théâtre mardi la maternité d’El-Oued, où ont péri huit nourrissons, selon une source judiciaire. La mise en cause, de nationalité cubaine et qui était en poste le matin du jour de l’incident, est poursuivie pour « négligence, laisser-aller et homicide involontaire», a-t-on signalé. Le magistrat instructeur avait ordonné auparavant le placement en détention provisoire du directeur de l’établissement hospitalier spécialisé (EHS) Mère-Enfant « Bachir-Bennacer dans la même wilaya et cinq autres personnes exerçant à la maternité du 17-Octobre, lieu où s’est déroulé l’incendie mortel.
Selon les services de la Protection civile, l’incendie, survenu aux environs de 04h (03h52mn) est dû à un court-circuit électrique sur un appareil anti-moustiques, a causé le décès de huit nouveau-nés des suites de brûlure ou d’asphyxie par la fumée, tandis que 76 personnes ont été secourues (11 nourrissons, 37 femmes et 28 employés de l’hôpital).