Quinze ans de prison pour chacun des accusés. C’est finalement le verdict du procès pour
« atteinte à l’autorité de l’Etat et de l’Armée » à l’encontre de Saïd Bouteflika, frère et conseiller de l’ex-président, le général de corps d’Armée, Mohamed Mèdiene dit Toufik, chef du DRS de 1990 à 2015, du coordinateur des services de renseignements Athmane Tartag, dit Bachir, et de la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune.

Une peine de 20 ans par contumace a été également prononcée contre l’ancien ministre de la Défense, le général Khaled Nezzar, son fils Lotfi, et l’homme d’affaires Belhamdine Farid, tous les trois en fuite à l’étranger.
Le procureur militaire avait requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour les 7 accusés.
Le procès attendu a commencé lundi au tribunal militaire de Blida sans la présence de la presse. La possibilité de la diffusion de séquences du procès avait été évoquée au début mais cette éventualité semble avoir été abandonnée. Selon les informations distillées par les avocats des prévenus, le général Athmane Tartag a refusé de quitter sa cellule et de comparaître et n’a pas assisté non plus au deuxième jour du procès. Saïd Bouteflika, qui s’était retiré le premier jour et a refusé de répondre aux questions du juge, était présent au deuxième jour, mais refusait toujours de répondre aux questions. Le général Toufik, selon l’avocat Farouk Ksentini, a répondu aux questions au sujet de la fameuse réunion du
30 mars et notamment la proposition faite à l’ancien chef de l’Etat, le général Liamine Zeroual, de présider une instance de transition.
A la question du juge évoquant une «conspiration», le général Toufik a répondu, selon son avocat : « Je n’ai jamais parlé de changement à la tête de l’armée ou du limogeage du chef d’état-major. Lorsque Saïd Bouteflika a évoqué l’éventualité d’opérer des changements à la tête de l’Armée, j’ai répondu qu’une telle décision était inopportune vu la situation.» «Il faut remonter à 2013 pour savoir pourquoi je suis là.
A cette époque, et après en avoir presque fini avec le terrorisme, nous avions donné la priorité à la lutte contre la corruption dans la sphère politique et économique. Mes services ont ouvert de nombreuses enquêtes, dont celle de Sonatrach. Le président n’était pas d’accord.
Je l’ai payé de mon poste », a-t-il dit. « Il n’était pas dans mes intentions de comploter ni contre l’Etat ni contre l’Armée, mon intention était claire. J’ai proposé à Liamine Zeroual, en tant que personnalité consensuelle, de présider une instance chargée de gérer la transition pour sortir de la crise. Le président Zeroual a refusé pour des raisons de santé et il a quitté la réunion. C’est à cet effet que j’ai demandé à votre Cour de le convoquer comme témoin », a-t-il dit. Pour rappel, la Cour a refusé la demande de la défense de convoquer Liamine Zeroual, considérant son témoignage sans utilité.
Louisa Hanoune a été également entendue au cours de ce deuxième jour pour s’expliquer sur sa participation à la réunion. Avant la clôture de l’audience, le président du tribunal a, conformément à la loi, averti les condamnés qu’ils avaient le droit d’interjeter appel de la sentence devant la Cour militaire d’appel, dans un délai de dix jours qui suivent le prononcé du jugement.