Une première division avec 18 équipes pro, un deuxième palier amateur avec deux groupes de 16 clubs et un troisième niveau avec 6 poules, ainsi devrait être la nouvelle pyramide du football algérien à partir de la séquence 2020-2021. Un projet adopté, à l’issue d’une Assemblée générale ordinaire, tenue hier en session extraordinaire hier au Centre technique national (CTN) de Sidi-Moussa, qui vise à donner une nouvelle impulsion au football algérien.

Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), l’avait annoncé il y a 12 jours sur les ondes de la Radio Chaîne III : « le principe est la création d’une seule Ligue professionnelle à 18 clubs, et une Ligue 2 amateur à deux groupes pour la saison 2020-2021, mais les modalités d’accession et de rétrogradation seront prédéfinies ultérieurement. La division inter-régions pourrait disparaitre. Il y aura également l’instauration d’un championnat d’élite pour les jeunes.» Son idée, qui vise à « sauver » un professionnalisme à la dérive depuis son lancement en 2010 sous Mohamed Raouraoua, ancien patron de la FAF, a séduit les 97 membres de l’assemblée ayant voté unanimement à l’exception du représentant de la JS Saoura. Avec cette nouvelle approche, née d’ « une synthèse de différentes propositions des acteurs du football des quatre coins du pays », l’objectif est de remédier au désordre économico-sportif causé par une professionnalisation de façade.

«Créer une véritable frontière»
Zetchi, après l’approbation des nouveaux modes de compétition par les membres de l’AG, a laissé entendre qu’il veut « créer une véritable frontière entre le football professionnel et amateur qui sera la DNCG (Direction national du contrôle et de gestion). Elle sera mise sur pied  avec des membres installés par le bureau fédéral et accompagnera tous les clubs pour se mettre en conformité » en révélant, et c’est un secret de polichinelle, que « pour certains dossiers des clubs professionnels, il y a beaucoup de documents (registre de commerce, bilan, organigramme… etc) qui manquent. Remettre de l’ordre avec 18 clubs c’est plus facile que de le faire avec 32.»
Ainsi, l’homme fort de la balle ronde nationale tente d’avoir plus de marge de manœuvre avec une « élite » moins encombrée.  Surtout ces « SSPA dormantes », comme il les a qualifiées, qui sont mises en veille lors de la rétrogradation d’un team en division nationale amateur (DNA). Ce qui aggrave l’endettement et mène la discipline vers la faillite financière et sportive.

Un chantier vital
Par ailleurs, ce nouveau mode de compétition permettra l’intégration véritable des clubs du Sud dans la chaîne footballistique en Algérie car, dans certaines régions, il n’y a que 6 ou 7 équipes et cela ne permet pas de créer un championnat régional. En tout cas, Zetchi sait que « ce projet est un véritable chantier qui risque de prendre du temps mais qu’il fallait, dans tous les cas, commencer. Il va certainement déborder sur la fin de cette saison et sur notre mandat en cours.» Reste à savoir quels seront les premiers signaux et si les pensionnaires de l’actuelle D2 pro acceptent la montée de deux clubs seulement au lieu de trois habituellement. Ce qu’il faut savoir, c’est que, selon les modalités habituelles d’accession et de rétrogradation, il est stipulé qu’: « Avant le début de chaque saison sportive, la ligue de football professionnel publie sur son bulletin officiel et sur son site internet, les modalités d’accession et de rétrogradation telles qu’établies par la Fédération Algérienne de Football.» 
C’est marqué noir sur blanc dans l’article 81. Cependant, le maître des lieux au siège de Dely Brahim a laissé croire que les nouvelles « règles du jeu » devraient être établies incessamment. Soit lors de la prochaine réunion du Bureau Fédéral (BF) fixée à la fin du mois en cours.
Juridiquement, on est hors délais puisque la compétition domestique a déjà commencé. Contradictoire. Réactions et évolution de la situation à suivre. Attentivement.