Certains partis semblent déjà s’installer dans une posture participationniste à la prochaine élection présidentielle du 12 décembre, même s’ils préfèrent maintenir encore le suspense. Beaucoup prévoient la tenue de leurs conseils nationaux pour débattre de leur participation à l’important rendez-vous électoral. Resté en embuscade durant les dernières semaines, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) semble prêt à rentrer dans l’arène, si l’on se réfère aux déclarations de ses dirigeants concernant notamment l’importance du rendez-vous et la nécessité de sa réussite. Abderahmane Benferahat, vice-président du parti dirigé par Abderrazak Makri, nous dira que les membres du Conseil consultatif trancheront la question le 27 septembre lors d’une réunion extraordinaire. Le vice-président s’est toutefois refusé de faire tout commentaire sur la nature de la décision que prendra son parti. « Tout ce que je peux vous dire est qu’il y a conviction dans le fait qu’il faut aller vers l’élection présidentielle comme solution à la crise actuelle, mais les décisions portant sur la participation et sa forme dépendront exclusivement du Conseil ». Pour ce dirigeant, il reste clair que
« si la participation se confirme il y aura soit un candidat du parti soit une coalition avec d’autres partis, mais on ne sera pas une organisation de soutien électoral», dira-t-il. Dans un communiqué publié hier, suite à la réunion du bureau politique, le MSP a néanmoins estimé nécessaire de réunir « les conditions qui donneront une véritable légitimité à ces élections », comme « le départ du gouvernement, les libertés médiatiques, de la société civile mais surtout la neutralité de l’administration ». Le mouvement considère qu’« un éventuel échec et ce, pour la troisième fois, de l’élection présidentielle portera atteinte au pays. Si le futur président n’a pas la légitimité escomptée, les institutions de l’Etat seront isolées et ne pourront pas faire face aux différents problèmes qui se posent dans le pays ». Au Front El Moustakbal, dirigé par Belaïd Abdelazziz, qui, faut-il le rappeler, s’est classé troisième lors des présidentielles de 2014, une réunion de la direction du parti est prévue jeudi et vendredi prochains pour trancher la question. Cette rencontre réunira les membres du bureau national, les parlementaires ainsi que les coordinateurs de wilaya, selon les précisions apportées par Raouf Maâmri, membre du bureau national et chargé de l’information du parti. Ce dernier s’est refusé de donner des indications sur la nature de la décision que le parti va prendre, néanmoins il rappellera que le parti a toujours affiché son « attachement au cadre constitutionnel qui consiste d’aller vers des présidentielles ainsi que la création d’un organe indépendant chargé de l’organisation et du contrôle des élections ». Lors du dernier processus annulé, le dirigeant du parti Belaïd Abdellaziz avait déposé sa candidature après avoir collecté 110 000 signatures des citoyens ainsi que près de 1 900 signatures d’élus, ce qui dépasse de loin le nombre de signatures exigées par la loi. Les choses semblent également s’accélérer au niveau du Mouvement El Bina de Abdelkader Bengrina. Le parti tiendra une réunion du conseil consultatif vendredi prochain à Alger, avec pour thème la question de la présidentielle. « Il est vrai que la stratégie du mouvement consiste en la participation à toutes les élections pour le changement dans le pays mais la décision de participer à ces élections du 12 décembre et du nom du candidat ne pourra être prise que par le Conseil consultatif qui comporte plus d’une centaine de membres », nous dira l’un des membres du bureau national ayant préféré garder l’anonymat.