Les vertus du dialogue sont inestimables et cela n’est plus à démontrer, notamment dans la conjoncture actuelle difficile que traverse le pays. C’est grâce au dialogue que l’élection présidentielle de décembre prochain pourra être organisée et c’est la raison pour laquelle le thème «Vertus du dialogue» a été choisi cette année pour le Prix du président de la République du journaliste professionnel.

C’est en substance le message adressé hier par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement et ministre de la Culture par intérim, Hassan Rabehi.
Le dialogue est la façon la plus civilisée de résoudre les crises et ce prix et ce thème correspondent à la situation que vit l’Algérie, selon le porte-parole du gouvernement.
«Les premiers jalons de cette nouvelle ère ont été jetés en adoptant le dialogue en tant que moyen civilisé de débat et de propositions positives autour des priorités imminentes de la nation, particulièrement l’organisation de l’élection présidentielle en décembre prochain pour sortir de la crise que veulent faire perdurer les ennemis de l’Algérie», a déclaré M. Rabehi à l’occasion de l’installation, au siège de son département ministériel, des membres du jury du Prix du président de la République qui en est à sa cinquième édition.
«Notre pays traverse une période décisive de son histoire et entre dans une ère nouvelle qui doit être en rupture totale avec les pratiques du passé. Des pratiques qui ont failli causer la fitna, n’était-ce la vigilance et les sacrifices de tous les fidèles, les hommes qui veillent sur notre chère nation et à leur tête les forces de l’Armée nationale populaire», a-t-il ajouté.

Hommage à l’institution militaire
Le porte-parole du gouvernement a, par ailleurs, rendu un grand hommage à l’institution militaire en déclarant que «cette institution, à savoir l’Armée nationale populaire, a apporté une contribution significative et assuré un accompagnement certain aux revendications du peuple algérien. Lesquelles revendications sont consacrées dans tous les textes légaux, administratifs et politiques qui ont été émis et qui constituent l’assise sur laquelle vont se dérouler les prochaines élections». Il poursuivra en ajoutant qu’«il est certain que la future échéance électorale va consacrer les principes de la démocratie et de la participation du citoyen, non seulement à la promotion de son pays, mais également à la construction de son avenir, l’avenir de notre beau pays l’Algérie, pour lequel on souhaite tout le bonheur».
L’élection présidentielle est, selon le ministre, «le vœu de la majorité des Algériens, étant donné qu’elle représente la voie la plus salutaire pour permettre à notre pays de consolider sa stabilité et de réunir les meilleures conditions de son développement au mieux des intérêts de notre peuple».
M. Rabehi, qui a encore une fois loué l’institution militaire en déclarant «nous nous inclinons devant le rôle qu’elle a joué dans son accompagnement des revendications du peuple et son appui au dialogue», n’a pas omis de saluer l’Instance nationale de médiation et de dialogue qui a mené des consultations avec la classe politique et la société civile en vue d’une sortie de crise. «L’Instance de médiation a été d’un grand apport dans l’avancement du processus de dialogue qui a permis la mise en place des deux lois organiques relatives, la première à la création de l’Autorité nationale indépendante des élections et la deuxième au régime électoral».
«Le gouvernement assure la continuité des affaires et préserve les institutions»
Répondant aux questions de la presse relatives au gouvernement dont il fait partie et qu’on dit partant, d’autant qu’il n’aura pas à organiser la prochaine élection puisque ses prérogatives sont transférées à l’Autorité indépendante, le ministre s’est abstenu d’émettre un quelconque commentaire ou à apporter une réponse dans ce sens.
Il a, en revanche, défendu ses collègues au sein du gouvernement. Il a préféré revenir sur les réalisations du gouvernement depuis qu’il a été installé. «Les membres du gouvernement accomplissent leur devoir et chacun d’eux est une compétence dans son domaine. Ils ne cherchent ni d’autres hautes fonctions ni prestige, mais s’acquittent avec abnégation de leurs tâches», a-t-il dit, ajoutant que «le gouvernement assure la continuité des affaires et préserve les institutions de l’Etat». Il ira même plus loin en affirmant que «ce gouvernement, qui est un gouvernement des affaires courantes, est devenu un gouvernement de décisions».
A propos de l’éventuel passage à la télévision des prochains procès contre la corruption d’ex-hauts responsables de l’Etat, le ministre est resté évasif, estimant que «l’essentiel, c’est que la justice soit indépendante et fasse son travail de la façon la plus juste et la plus équitable possible, ce n’est pas la retransmission à la télévision qui est importante».
Il a, par ailleurs, réaffirmé que l’Algérie n’aura plus recours à la planche à billets pour assurer le budget dont elle a besoin, mais aura recours à d’autres financements.
Il a également évoqué la préparation d’un projet de loi pour la presse, à travers lequel seront prises des mesures en fonction des propositions émises par les femmes et les hommes de cette corporation.

Abdesselam Benzaoui, directeur de l’ENSJSI, président du jury
Revenant au Prix du président de la République, le ministre a déclaré : «Nous avons procédé à l’installation des membres du jury du prix du président de la République du journaliste professionnel qui auront à apprécier des travaux des journalistes qui auront participé à cette compétition qui entre dans le cadre de cet événement annuel et dont la cérémonie de remise des prix est prévu pour le 22 octobre prochain». Le jury est composé de onze personnes de différents profils. «Comme président du jury, nous avons procédé, cette année, à la désignation de Abdesselam Benzaoui, professeur et directeur de l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information (ENSJSI), dont les compétences sont avérées et nous assurent une très bonne prise en charge de cette compétition à laquelle vont participer, nous l’espérons, un grand nombre de journalistes», a souligné M. Rabehi.
«Je saisis cette occasion pour adresser toutes mes félicitations aux médias algériens, qu’ils soient publics ou privés, et à leur exprimer également notre grande confiance pour leur capacité à accompagner l’œuvre politique qui consiste à assurer les meilleures conditions d’organisation de la future élection présidentielle, laquelle élection est et reste, comme je l’ai déjà dit, la voie la plus salutaire pour sortir notre pays de la crise et consolider sa stabilité et sa sécurité», a-t-il conclu.<