Le député du Front de libération nationale (FLN) de la wilaya de Annaba, Baha Eddine Tliba, refuse de renoncer volontairement à son immunité parlementaire. Rappelons que le ministre de la Justice, Belkacem Zeghmati, a adressé, la semaine dernière, au bureau de l’Assemblée populaire nationale (APN) une demande de levée de l’immunité parlementaire du député Baha Eddine Tliba. Mais, contrairement à ses pairs ciblés par la même procédure, Tliba a déclaré à son entourage refuser catégoriquement de se délester volontairement de l’immunité inhérente à son statut de député. Mais, le temps presse pour lui dans ce cas de figure, puisqu’il a jusqu’à jeudi, au plus tard, pour prendre sa décision. Autrement, selon la procédure en la matière, le bureau de l’Assemblée nationale aura à saisir la commission juridique et administrative pour établir un rapport sur les «dossiers de corruption» dont est accusé le député d’Annaba. Le désavantage du passage du dossier devant les membres de la commission juridique est que le détail des affaires mettant en cause Tliba soit transmis aux députés leur permettant d’avoir des informations qu’il ne souhaiterait certainement pas voir divulguées. Et si le dossier suit son cheminement naturel, il devra aboutir à un vote, en plénière des députés en faveur ou en défaveur de la levée de l’immunité au député. Il est fort à parier que Tliba ne souhaiterait pas que des députés, qui le considéraient jusque-là comme star, compte tenu de son statut social et de sa richesse personnelle, en vienne à décider du sort de son immunité parlementaire. Selon des sources judiciaires, Tliba est présumé coupable de «financement occulte» de la campagne électorale de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika et des listes de son parti lors des campagnes électorales pour les élections législatives et locales de 2017. Né à Annaba, Baha Eddine Tliba, 41 ans, est en réalité originaire de Oued Souf. Elu député lors des législatives de 2012, sous les couleurs du Front national démocratique (FND), Tliba avait rejoint le FLN durant la même législature. Son ralliement au parti sous Amar Saidani lui a permis d’élargir son cercle de relations et son réseau et d’avoir un statut plus avantageux qu’au sein du FND. Il est, en effet, devenu vice-président de l’Assemblée nationale du temps de Larbi Ould Khelifa et membre du comité central du FLN. Mais pas seulement. Tliba a réussi à acquérir une grande popularité parmi les militants et cadres du parti qui venaient en nombre pour le rencontrer dans son bureau de vice-président. Il était entouré de militants qui appréciaient sa franchise et son franc parler. Sa personnalité a pris de l’épaisseur lorsque, contre toute attente, il a pris pour cible l’ancien patron des services de renseignements, le général dit Toufik, qu’il a critiqué violemment. L’autre cible privilégiée de Tliba est la leader du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoun. Députée de la même région que lui, Louisa Hanoune ne manquait pas de lui répliquer, à chaque fois. Mais, depuis le lancement de la procédure de levée de son immunité le concernant Tliba n’est plus le même : Il a perdu le sourire et s’est cantonné dans le silence.