Programmée jusqu’au 6 octobre prochain, avec pour cadre «et pour source d’inspiration» le Musée d’art moderne et contemporain d’Alger (MAMA) et son architecture particulière, la 7e édition de l’exposition «Al-Tiba9» (Oxymore), initiée en 2013 par l’artiste Mohamed Benhadj, dès son ouverture cette après-midi (18h30), mettra en avant le travail de près d’une vingtaine d’artistes algériens et étrangers. L’idée générale qui ressort déjà du programme de cette 7e édition étant, cette année, de faire connaitre un travail artistique sur «l’opposition entre l’ombre et la lumière» ou encore, entre «les pensées occidentale et orientale». Un concept qui sera décliné au travers de l’exposition de près de 80 œuvres, dont une trentaine d’installations. Rencontré en fin de semaine dernière, durant les derniers préparatifs de l’exposition, le créateur et commissaire d’Al-Tiba9, l’artiste Mohamed Benhadj, également connu sous le nom d’artiste « Mo », nous a précisé que cette édition, sur laquelle il travaille depuis près d’un an, sera axée sur le concept de « lumière ». Un thème que met encore en valeur l’espace même de l’exposition. « Cette année, on travaille à présenter l’oxymore au sens de l’ombre et de la lumière, d’autant que l’architecture du musée reste largement connue comme une salle d’exposition ou le blanc, la lumière… sont les éléments dominants (…) En fait, toute l’exposition est pensée entre ces deux concepts d’ombre et de lumière. Nous voulons donner à voir le MAMA d’une autre manière, sous une autre perspective». L’exposition a fait ainsi appel à des artistes algériens et étrangers, notamment Yazid Kheloufi, Mounir Fatmi ou encore Chris Wood et Mohamed Benhadj lui-même, qui nous a expliqué que le choix des artistes se fait principalement en fonction des nouvelles œuvres qu’ils présentent tout au long de l’année. Indiquant que le programme qu’il propose est également le résultat « d’une réflexion sur plusieurs plans, artistique bien sûr, politique, scientifique parfois… », Mohamed Benhadj souligne ici que la situation du pays aura également une « place ». « Il y a des œuvres qui, à mon sens, illustrent très bien la situation actuelle en Algérie, mais en en même temps dans le monde arabe ou occidental. Et c’est aussi cela Al-Tiba9, l’union des opposés… tout cohabite ensemble ». Rendez-vous à Al-Tiba9, en rappelant que c’est l’un des rares espaces exclusivement dédiés à l’art contemporain, créé dès le départ par Mohamed Benhadj en réponse au manque de lieux d’expression. «C’était il y a sept ans. Je faisais des performances dans des galeries et souvent dans la rue (…) mais il n’y avait pas vraiment les conditions appropriées. C’est comme cela que j’ai créé cet espace Al-Tiba9, où je pourrais partager mes performances sans contraintes». Le rendez-vous qu’il propose cette année comprend plusieurs nouveautés, dont un espace dédié à la projection d’œuvres en films d’animation, ou encore d’un «live» dédié au «fashion design». Il promet également de le transformer à partir de 2020 en une sorte «d’exposition itinérante». Al-Tiba9, dont les premières éditions avaient été organisées en Algérie, avant de s’exporter en 2017 et 2018 en Espagne, à l’université des Beaux-arts de Barcelone, va en effet nouer un partenariat avec «un grand musée européen». «Aujourd’hui ce n’est pas vraiment un retour à Alger, mais une continuation», explique Mohamed Benhadj, qui nous annonce qu’«à partir de l’année prochaine, on espère entamer une collaboration avec un grand musée d’Europe, l’exposition devra voyager mais on essayera de faire en sorte que les premières apparitions de chaque édition soient en Algérie».n