Si la production du bois dans notre pays n’est pas très importante, ce n’est pas le cas du liège. L’Algérie est le troisième producteur dans le monde et fournit plusieurs pays d’Europe. Selon les estimations du Conseil national interprofessionnel de la filière liège et bois, créé au cours de cette année, on exporte entre 4 et 7 millions d’euros annuellement en matière de liège.

L’Europe est le principal client de l’Algérie. «L’Espagne, exporte à l’intérieur de l’Union européenne et vers les pays de l’est et du nord de l’Europe, où la demande est très forte dans le secteur des énergies renouvelables, entre autres. Des graines de lièges sont utilisées pour la fabrication de panneaux d’isolement.
Ces graines sont utilisées aussi sur le marché national pour la fabrication de ces panneaux pour le compte de certaines infrastructures comme les hôpitaux», explique le président de ce conseil, Elias Gati, rencontré lors du Premier salon international de l’industrie du bois, qui se tient depuis mercredi passé à la Safex et qui s’achèvera aujourd’hui. Elias Gati est aussi le directeur général de l’entreprise régionale du génie rural, qui chapeaute plusieurs wilayas dans l’est du pays pour l’extraction notamment du liège. «Nous nous chargeons de la matière première tandis que les entreprises privées s’occupent de la transformation du liège avant de l’exporter. En fait, le liège est plus destiné à l’export qu’à la production locale. C’est plus rentable. Cela étant dit, on fabrique sur le marché certains articles, comme les bouchons et les graines pour la fabrication de la semelle. D’ailleurs, ces articles ne sont pas importés car l’offre répond à la demande», assure-t-il. N’empêche que le Conseil aspire à développer davantage cette filière ainsi que celle du bois en général. «Même si nos forêts ne nous fournissent pas assez de bois nécessaire à notre industrie, les activités dans cette filière ne manquent pas. La fabrication de mobilier, par exemple, avance à grands pas. La demande dans ce secteur lui permet de se développer, d’innover. Ce qui est le cas actuellement», souligne le secrétaire général du Conseil et président du Conseil professionnel mixte de la filière liège et bois de la wilaya d’Oran, Mohamed Chelabi. Selon lui, la levée des restrictions sur la matière première dans cette filière a permis à ce secteur de se développer et de répondre aux besoins locaux. De même que les restrictions à l’import sur les articles mobiliers ont contribué à valoriser le produit national. «Le mobilier gagne de plus en plus en qualité. Le marché offre un grand choix aux clients et les usines s’emploient à utiliser les nouvelles technologies pour augmenter leurs productions. Pour cela, ces usines sollicitent l’expertise étrangère», souligne-t-il. La formation est l’un des éléments que le conseil compte défendre pour booster la filière bois et liège. «Quelques centres de formation professionnelle proposent un enseignement dans ce secteur mais cela reste insuffisant. De même que dans nos universités. Aujourd’hui, le secteur emploie des ingénieurs et des spécialistes en TIC. Il faut suivre l’évolution», estime-t-il, indiquant que certaines entreprises versées dans ce créneau ont sollicité les universités pour faire part de leurs besoins dans ce secteur.
Une feuille de route sera bientôt élaborée par le Conseil, conclut-il, avec le concours des professionnels et des opérateurs, pour atteindre les objectifs de développement de la filière bois et liège.