La perspective de tenir l’élection présidentielle avant la fin de l’année en cours, telle que tracée par la suggestion d’Ahmed Gaïd Salah de convoquer le corps électoral le 15 septembre, inquiète le Front des forces socialistes (FFS). Ce scénario est porteur de « péril » pour l’unité et la stabilité du pays, soutient le parti, qui plaide pour une « véritable transition démocratique ».
Organiser le scrutin présidentiel dans l’urgence n’est pas de nature à « résoudre une crise multidimensionnelle complexe et profonde qui ronge le pays depuis des décennies», a indiqué le parti dans une déclaration rendue publique. Le FFS considère que « cette décision, si elle venait à être exécutée, aggraverait cette crise car elle met en péril l’unité et la stabilité du pays, tout en donnant prétexte à des ingérences étrangères pour préserver leurs intérêts économiques et sécuritaires». Estimant que la partie n’est pas perdue, le FFS appelle les tenants du pouvoir à s’engager dans la voie d’un véritable dialogue. « Il est encore temps que le régime se ressaisisse et réponde aux exigences légitimes de la révolution populaire du 22 février, à savoir le changement radical du régime, le départ des symboles et des représentants du pouvoir déchu et l’amorce d’une transition démocratique dans le pays», a estimé le FFS.
Pour ce dernier, « si les tenants du pouvoir font preuve d’une réelle volonté politique, il est encore possible de parvenir à une solution consensuelle en s’engageant sur la voie d’un dialogue sérieux, inclusif et transparent, que les acteurs politiques et les représentants de la société civile appellent de leurs vœux tout en exprimant leur rejet du pseudo dialogue destiné valider ce scrutin présidentiel et leur mise en garde contre les coups de forces électoraux». Le plus vieux parti de l’opposition estime que « cette feuille de route politique, qui ne vise qu’à maintenir le statu quo et à perpétuer le régime, constitue un énième coup de force ne répondant pas aux aspirations populaires et ne mobilisera que ses promoteurs et leurs clientèles ».
Le FFS met ainsi en garde et dit « dénoncer par avance toute velléité du pouvoir de recourir à des mesures de pression et de répression visant à intimider et à faire peur à la population pour la forcer à adhérer à cette feuille de route ».
Condamnant « l’arrestation brutale, arbitraire et violente » des militants du FFS et de l’Association RAJ, en violation flagrante du droit et des libertés, le parti exprime son indignation de la « réduction des espaces de libre expression et la confiscation autoritaire du droit à l’organisation de réunions et d’activités politiques et associatives ». Il exige, par conséquent, « la libération immédiate des personnes interpellées et l’arrêt du harcèlement sécuritaire contre le mouvement révolutionnaire pacifique » et réitérant son exigence de « libérer tous les détenus politique d’opinion ainsi que le camarade Lakhdar Bouregaâ, membre fondateur du FFS et commandant de la wilaya IV historique».
A propos du mouvement populaire, le FFS a rendu hommage aux Algériens qui « ont répondu massivement au 29e vendredi à travers des marches pacifiques dans tout le pays à l’appel de la révolution citoyenne pour changer radicalement le système». Le FFS conclut sa déclaration en appelant le peuple algérien et ses militants à rester « engagés, mobilisés et unis pour faire aboutir pacifiquement les revendications légitimes de la révolution pour l’instauration d’un Etat de droit, démocratique et social, et l’avènement de la 2e république ».