Après celle qui a eu lieu le 24 août dernier, la prochaine rencontre de concertation des dynamiques de la société civile, des partis politiques et des personnalités nationales devrait avoir lieu durant la deuxième quinzaine du mois de septembre. C’est ce qu’a laissé entendre, hier, dans une déclaration à Reporters, Lyes Merabet, figure importante des «dynamiques» et coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA).

Outre le fait d’être un acteur important du débat actuel sur la crise et les moyens d’en sortir, par son «attachement au dialogue» comme ses membres l’ont déclaré depuis le début, les «dynamiques» de la société civile se trouvent aujourd’hui en situation «d’unifier les efforts» pour parvenir à une solution qui bénéficierait du soutien de l’ensemble des acteurs politiques et associatifs agissant sur la scène nationale.
C’est cette recherche de consensus qui a poussé les «dynamiques» à se doter récemment d’un «comité de coordination et de suivi», dont la mission est d’œuvrer au rapprochement des initiatives des oppositions pour sortir de la crise, notamment celles émanant du forum du dialogue national du 6 juillet et de l’Alternative démocratique du 26 juin dernier. Deux pôles qui se distinguent aujourd’hui par une divergence sur la voie de la sortie de crise : présidentielle contre processus constituant. Il s’agit également de trouver des voies de convergence avec la plateforme des dynamiques de la société civile du 15 juin.
Selon Lyes Merabet, ce comité est pour l’instant constitué de membres des dynamiques de la société civile dont des syndicalistes qui en constituent le noyau. L’objectif est de l’élargir à des représentants du forum du dialogue national et de l’alternative démocratique. Cet élargissement en cours de discussion se fera à la demande des parties qui ont participé à la rencontre du 24 août dernier. L’enjeu est d’aller vers une mouture de texte qui obtiendrait l’accord de l’ensemble des parties pour qu’il soit défendu en tant que feuille de route commune aux courants d’opposition face au pouvoir et dans le cadre du dialogue inclusif prévu.

Plateforme commune
Il s’agira, en somme, d’une plateforme commune à tous les courants d’opposition et qui regroupera en quelque sorte les précédentes. M. Merabet affirme à ce sujet que «quelques idées non encore arrêtées circulent actuellement». Parmi elles, il y a celle déjà avancée, notamment par Djiali Soufiane le président de Djil Djadid, qui préconise d’aller vers l’élection présidentielle avec des garanties, comme étape plus sûre avant de songer à un processus constituant. Pour rappel, cette idée a été également exprimée à sa façon par le leader de Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, qui a déclaré récemment, à l’issue d’une rencontre avec le panel de dialogue et de médiation de Karim Younès, que le mandat du prochain président de la République élu sera un mandat de transition.
D’autres idées circulent, également, selon Lyes Merabet, comme d’associer des représentants du pouvoir réel (l’institution militaire) dans la conférence inclusive que les dynamiques veulent organiser pour «aller plus vite et avoir plus de garanties» dans la conception et l’organisation d’un scrutin présidentiel. Autre suggestion, celle qui consiste à «proposer carrément des noms pour le poste de Premier ministre à la place de Noureddine Bedoui», dont le départ est un préalable conforme à la revendication du mouvement populaire pour le changement, le Hirak.
«Toutes ces idées sont recueillies mais ne sont pas encore débattues. Elles le seront en temps opportun», dira Lyes Merabet, qui se dit optimiste et confiant. «Le projet politique ne peut pas être mis sur la table maintenant et le peuple veut des solutions avec des garanties. Quand nous irons vers une situation meilleure, on pourra arriver à ce grand débat», ajoute-t-il, avant de conclure qu’«il faut travailler sur un consensus qui suppose également des concessions».