C’est un exploit RE.TEN.TIS.SANT que celui réalisé par l’équipe nationale U19 d’Egypte de handball en décrochant le titre de champion du monde de la catégorie dimanche soir en Macédoine du Nord. L’adversaire n’était autre que l’Allemagne (32-28), une des nations fortes de la petite balle mondiale, qui n’a pas pu résister au talent des Egyptiens. Ces derniers deviennent les premiers non-européens à être primés dans la compétition. Quand tout le monde avance, l’Algérie recule.

Pendant que notre « sport à sept » est en plein chantier avec une équipe première complètement à l’arrêt pendant presque deux ans et qui n’a repris du service que récemment, d’autres nations en Afrique sont en train de garnir leur palmarès et enrichir leurs CV. C’est le cas de l’Egypte qui vient de frapper un gros coup en plaçant ses « juniors » sur le toit du monde. Le fruit d’une politique sportive infaillible, basée sur la fabrication des champions, qui assure pérennité et constance au plus haut niveau. Après les U21, qui ont terminé troisièmes lors de la dernière messe universelle, les U19 du pays du Nil ont littéralement trôné sur le handball planétaire en livrant un tournoi très solide en terres macédoniennes. Après avoir terminé le premier tour en position de leader du groupe « B », devant la Suède et la France notamment, les coéquipiers d’Ahmed Hesham Elsayed, élu MVP de la compétition, ont sorti la Slovénie puis le Portugal avant d’évincer brillamment l’Allemagne et se parer d’or. Royal !

Le parallèle algérien
Cette gigantesque performance prend plus de sens quand on sait qu’il s’agit du premier vainqueur non-européen dans les 8 éditions de ce challenge de prestige. Tous les précédents lauréats étaient issus du Vieux Continent. Il s’agit du Danemark (3 titres en 2007, 2011 et 2013) et de la France (double tenante du titre) outre la Serbie-Monténégro (2005) ainsi que la Croatie (2009) décorées à une seule reprise chacune. En 2021, l’Egypte abritera le championnat du monde de handball « seniors » pour la 2e fois de son histoire après 1999. Le meilleur résultat dans l’épreuve phare a été réalisé en 2001 (France) lorsque les « Pharaons » avaient terminé sur la 4e marche. Pour la prochaine séquence à domicile, la 27e dans l’histoire, il est certain que le pays hôte cherchera à figurer sur le podium final et (pourquoi pas ?) être consacré au vu de ce que l’antichambre (U21 et U19) a montré récemment. La promotion de ces éléments chez les « seniors » donnera certainement une crédibilité à ces prétentions.

Solution facile
Cette constance est loin d’être le fruit du hasard car résultant d’une réelle méthodologie en terme de formation qui est en adéquation avec les exigences du haut niveau. Les camarades de Mazen Osman sont tous issus du championnat local. Ce qui démontre la qualité de la formation et la progression fulgurante et incessante de cette discipline en Egypte. Parallèlement, en Algérie, le handball  connaît une véritable régression. L’équipe première, deuxième sélection la plus titrée au continent après la Tunisie, ne finit pas de régresser. Après s’être contenté de finir au pied du podium en 2016, les « Fennecs » ont enregistré un désastre au Gabon (2018) en bouclant le parcours à une affligeante 6e place correspondant à la pire performance de tous les temps pour l’EN à ce niveau. Elle qui a enregistré 18 podiums en 22 participations. Le zéro pointé lors de la dernière apparition au Mondial en 2015 était déjà annonciateur de la descente aux enfers. L’arrivée d’Alain Portes, technicien français de renom, pour essayer de sauver les meubles peut-elle s’avérer salvatrice ? Rien n’est moins sûr car le degré du bricolage qu’a atteint la Fédération algérienne de handball (FAHB), présidée par Habib Labane, noie tout potentiel et toute compétence. Ramener un coach de renom comme remède express est un raccourci qui risque de ne pas donner de fruits.