La célébration du 63e anniversaire de la tenue du Congrès de la Soummam, un certain 20 Août 1956, à Ifri-Ouzellaguen, intervient dans un contexte particulier, marqué par l’impasse politique que vit le pays. A cette occasion, le village Ifri, qui abrita cette rencontre historique qui fut un tournant décisif dans l’histoire de la Révolution algérienne, devient, l’espace d’une journée, un lieu de pèlerinage par excellence. En effet, plusieurs partis politiques, personnalités nationales et autres acteurs de la société civile sont attendus, aujourd’hui, dans la commune d’Ouzellaguen, où un grand meeting populaire sera organisé, vers 10h, devant le musée d’Ifri. Au-delà du caractère commémoratif de ce rassemblement populaire, bon nombre de personnalités politiques et d’animateurs du mouvement populaire du 22 février comptent mettre à profit cette date symbolique pour remettre en avant leurs revendications, tout en s’inspirant de l’esprit de la Charte de la Soummam, premier acte fondateur de la République algérienne.(Suite en page 4)

Ainsi, plusieurs figures de l’opposition démocratiques, notamment celles regroupées autour des «Forces de l’alternative démocratique », issues des partis démocrates (FFS, RCD, MDS, PLD, PT, PST, UCP…) et aussi de la Ligue algérienne de la défense des droits de l’Homme (Laddh), devraient faire le déplacement à Ifri-Ouzellaguen pour prendre part à cette journée commémorative qui se veut une halte historique.
Les hôtes de la Soummam profiteront sûrement de ce rendez-vous pour expliciter leur feuille de route et revenir sur les préalables de dialogue et de sortie de crise, consignés dans leur pacte signé le 26 juin 2019. A noter que les deux partis ancrés dans la région, le FFS et le RCD, qui se réclament des idéaux de la Soummam, ont lancé des appels à leurs élus, militants et sympathisants, à venir massivement à Ifri pour se recueillir à la mémoire des architectes de la Révolution et se réapproprier de cette date historique.
Selon les déclarations des responsables de ces deux formations politiques, le fameux principe de « la primauté du politique sur le militaire », contenu dans la Charte de la Soummam, repris par les manifestants dans les marches populaires, est plus que jamais d’actualité.
« Le meilleur hommage que nous puissions rendre aujourd’hui à nos valeureux martyrs est de mettre en œuvre le message de la Soummam qui prônait l’instauration d’un Etat civil et de droit afin de bâtir une véritable République démocratique et sociale, telle que voulue par Abane et Ben M’hidi », nous a déclaré un jeune animateur du mouvement populaire, natif de la commune d’Ouzellaguen. Notre interlocuteur fait partie d’ailleurs de ce groupe de citoyens d’Ouzellaguen qui se sont investis dans les préparatifs de cette journée commémorative qui devrait être, selon eux, une occasion de resserrer les rangs de la contestation populaire pour faire aboutir le combat pacifique du peuple algérien.
Pour sa part, le vice-président de la Laddh, Saïd Salhi, invite, à travers sa page facebook, les membres de la communauté universitaire de Béjaïa à « délocaliser » leur marche hebdomadaire prévue pour aujourd’hui, au chef-lieu de wilaya, vers la ville d’Ighzer Amokrane, « afin de célébrer cette date symbolique dans l’unité des rangs. »