Décriés par la rue à travers les manifestations populaires pour le changement du système, les deux partis politiques FLN-RND de la défunte Alliance présidentielle tentent, tant bien que mal, de faire du forcing en s’assurant une présence continue sur la scène politique nationale dominée par le processus de dialogue mené par le panel de Karim Younès.

Pendant ce temps, les deux autres partis de l’Alliance, à savoir MPA et TAJ, semblent plus que jamais perdus. En témoignent leur effacement de la scène et les difficultés qu’ils rencontrent pour dépasser le malaise organique qu’ils vivent depuis l’incarcération de leurs premiers responsables. Nul doute que le secrétaire général de l’ancien parti unique, Mohamed Djemaï, ne fait pas l’unanimité au sein des structures du parti, où il fait face à une contestation aussi bien de la part des « caciques » du Front que d’autres figures qui ne cessent de remettre en cause toutes les décisions du successeur de Djamel Ould Abbès.
Cela ne l’empêche pas, cependant, de défendre la « part » de son parti politique dans les concertations que mène le panel de médiation et de dialogue, au moment où l’idée d’exclure les partis du pouvoir de ce scénario semble gagner des faveurs auprès de l’ensemble de la classe politique. Sentant vraisemblablement la menace, le parti tente de se donner une activité en permanence jusqu’à multiplier les sorties et les déclarations, y compris là où le besoin ne se fait pas réellement sentir. Mieux encore, son secrétaire général tente d’attaquer les autres formations politiques qui ne seraient pas favorables au processus de dialogue tel que mené par l’équipe de Karim Younès. Le parti a ainsi mis en garde contre ceux qu’il a qualifiés de « partis qui ne veulent pas du bien à l’Algérie et tentent de provoquer l’échec de l’action » de l’instance de médiation et de dialogue.
Dans son offensive, le parti n’est pas allé par quatre chemins pour accuser « certaines déclarations de membres de cette instance visant à diffamer le FLN », écrit ce dernier dans un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion de son bureau politique. Pour le FLN, les déclarations émanant du panel et plaidant son  exclusion » du dialogue « sont sans importance (…) étant donné qu’elles émanent de certaines personnes qui ont été, ces dernières années, candidats dans les rangs du parti». La cible du FLN ne serait autre que le chef de file du panel, visiblement partagé entre le souci de gagner un minimum de crédibilité qui exigerait de ne pas associer les bras politiques du règne de Bouteflika, et l’impératif de défendre le caractère « inclusif » de la démarche de dialogue. Pour sa part, le Rassemblement national démocratique (RND) n’en est pas moins actif sur la scène, lui, qui a pu surmonter le « vide organique » induit par l’emprisonnement de son secrétaire général, Ahmed Ouyahia, ainsi que la bataille interne pour sa succession. A la différence de Djemaï, le premier responsable du RND par intérim, Azzedine Mihoubi, use de pédagogie et fait preuve de « fair-play » jusqu’à déclarer que son parti « s’engagera en faveur de toutes les conclusions de ce dialogue même s’il en est exclu».
Mais l’ancien ministre de la Culture ne s’est pas moins défendu, à sa manière visiblement, en soutenant que le RND « n’est pas ce parti qui peut être écarté d’une simple déclaration ou d’un trait de plume de la vie politique ».
Et indicateur d’une détermination à ne pas subir les évènements, Mihoubi a fait état d’un calendrier des activités que le parti compte mener dans les jours et semaines à venir pour maintenir la présence du Rassemblement sur le terrain.
En définitive, le duo FLN-RND tente un forcing à travers notamment une présence médiatique significative, tout en misant sur une évolution politique qui lui permettrait de rebondir.