La Banque mondiale change de directeur pour son département Maghreb et Malte. Depuis le 1er août, Jesko Hentschel est venu remplacer à ce poste Marie Françoise Marie-Nelly, dont le mandat vient de s’achever, indique la BM dans son dernier rapport.

M. Hentschel arrive à ce département en provenance d’Argentine, où il occupait le poste de directeur des opérations pour ce pays, le Paraguay et l’Uruguay. Il prend ses nouvelles fonctions à « un moment où les pays du Maghreb et leurs partenaires internationaux sont confrontés à d’importants défis », souligne l’institution financière internationale, ajoutant que ce nouveau responsable pour le département Maghreb et Malte « s’attachera à entretenir le dialogue et les partenariats avec les autorités, les grandes parties prenantes et les partenaires du développement en Algérie, en Libye, à Malte, au Maroc et en Tunisie ». Il œuvrera également à « la mobilisation des ressources nécessaires pour permettre à ces cinq pays d’atteindre leurs différentes priorités de développement », ajoute la même source.
M. Hentschel s’est d’ailleurs réjoui de ses nouvelles responsabilités dans une région qu’il s’est dit prêt à aider et à rentabiliser son immense potentiel et à le verser au compte d’une croissance durable. «C’est un honneur pour moi de travailler au Maghreb et à Malte », a-t-il, en effet, déclaré, faisant remarquer que la BM « entretient des relations de longue date avec la région, » et qu’il est « impatient » d’approfondir notre engagement, aux côtés de mes collègues des différents pays et de l’institution tout entière, pour l’aider à mettre en valeur son incroyable potentiel et enclencher une croissance inclusive et durable ». Dans le cas de l’Algérie, comme sans doute pour d’autres pays de la région, M. Hentschel aura vraisemblablement du pain sur la planche, avec une croissance qu’il lui sera difficile à réaliser face aux turbulences politiques qui y prévalent et qui impactent inévitablement la sphère économique, marquée, ces derniers mois, par un ralentissement de l’activité. Mais bien indépendamment de la conjoncture de crise que traverse le pays, la BM prévoit un prolongement de la tendance baissière qui marque la croissance de l’Algérie. Se référant notamment aux répercussions des opérations d’assainissement des finances publiques qui doivent peser sur l’activité hors hydrocarbures, l’institution de Bretton Woods a, dans son rapport de juin dernier, commencé par réviser ses prévisions pour l’année en cours, tablant sur un taux de 1,9%, soit un recul de 0,4 point par rapport à ses prévisions établies en janvier dernier. Cette tendance négative devrait se poursuive pour deux prochaines années, selon la BM qui prévoit un taux de croissance de 1,7 % en 2020 et 2021.
A l’instar des autres pays producteurs de pétrole, l’Algérie fait les frais du recul de sa production en la matière, explique la même source, rappelant la nécessité, mais surtout l’urgence, d’engager des réformes aptes à faire diversifier les ressources du pays et à affranchir son économie de la forte dépendance des hydrocarbures. L’Algérie est appelée à « renforcer sa résilience à la volatilité des prix des hydrocarbures, à la fois en atténuant l’impact de cette volatilité sur le budget et en diversifiant les sources de croissance», a préconisé cette institution, relevant aussi que «même si les pouvoirs publics s’emploient à diversifier l’économie et donner une plus grande place au secteur privé, notamment en attirant des investisseurs étrangers, peu d’améliorations sont prévues à court et moyen termes, ce qui devrait limiter l’ampleur de la création d’emplois». Ce qui rend le défi encore plus difficile à réaliser, sachant que les investisseurs ne se bousculent pas au portillon du pays, manifestant une prudence assez explicite à l’égard d’une crise politique qui plombe l’activité économique en faisant tourner au ralenti plusieurs entreprises appelées, justement, à participer à la diversification des sources de croissances recommandées par la Banque mondiale.