Face à la déferlante des feux de forêt qui touchent plusieurs régions du pays depuis l’entame de la saison des grandes chaleurs, le facteur humain est à nouveau cité en tête de liste par les autorités concernées.

D’ailleurs, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Salaheddine Dahmoune, a annoncé hier « l’ouverture de plusieurs enquêtes » par les services de sécurité afin de déterminer les auteurs de cette vague de feux de forêt. Il assurera que la loi sera rigoureusement appliquée pour sanctionner ces « actes criminels ». « Les services de sécurité présenteront les dossiers devant la justice et veilleront à l’application rigoureuse de la loi pour sanctionner cet acte criminel ayant causé des pertes matérielles considérables », a aussi expliqué M. Dahmoune, lors d’une réunion d’évaluation des opérations relatives à la saison estivale et à la lutte contre les feux de forêt, tenue hier au siège de la direction générale de la Protection civile. Cette réunion a eu lieu alors que de nouveaux incendies étaient toujours en cours, aussi bien dans les forêts de l’Est, de l’Ouest que du Centre, renforçant les dégâts causés au patrimoine végétal et mettant à très rude épreuve pompiers forestiers qui ne connaissent plus de répit. En plus des milliers d’arbres fruitiers calcinés, ce sont des tonnes de fruits perdues, pas uniquement pour cette saison mais pour plusieurs années à venir. Car, selon des spécialistes, il faudra au moins cinq ans pour pouvoir reconstituer ces plantations et espérer récolter à nouveau leurs fruits.
Vu la gravité de la situation, des enquêtes ont été ouvertes par les services de sécurité pour déterminer avec exactitude les causes de ces incendies. Mais les victimes n’attendent pas les résultats de celles-ci pour accuser « les pyromanes » qui ne sont pas à leurs premières opérations du genre. La direction générale des forêts a d’ailleurs chiffré à 95% le taux d’implication humaine dans ces incendies, précisant qu’il existe une part d’actes délibérés alors que d’autres sont accidentels.

Une moyenne de 3 000 affaires/an devant la justice
Outre les incendies, les terres forestières sont confrontées à des manœuvres de dilapidations et de détournement de leur vocation. En témoigne le nombre d’affaires présentées devant la justice chaque année.
Le mois dernier, le directeur général des forêts, Mahmoudi Ali, avait déclaré qu’« une moyenne de 3 000 dossiers de détournement et de pillage du foncier forestier sont traités annuellement par la justice à l’échelle nationale ». Il a fait savoir que « ce phénomène est enregistré particulièrement dans les régions du littoral», notant également qu’ «une majorité de ces affaires a été tranchée en faveur de la direction générale des forêts ».
Il a, à ce titre, recommandé de sensibiliser et d’ancrer chez les citoyens la culture de non-agression et de préservation de l’espace forestier, surtout que l’Algérie est caractérisée par des écosystèmes forestiers très diversifiés et fragiles, assurant dans ce contexte la disponibilité, en toutes circonstances, des agents des forêts à protéger la ressource forestière. Par ailleurs, le DGF a fait part du reboisement d’une superficie globale de 880 000 ha, dans le cadre du Plan national de reboisement, mis en œuvre entre 2000 et 2018, dans l’attente de l’affectation, à l’avenir, d’autres programmes à cette opération. Il a aussi souligné l’importance des décisions prises lors du dernier Conseil interministériel relatives au renforcement des capacités opérationnelles des services de la Protection civile et de la direction générale des forêts concernant les feux de forêt.