Chaque mardi, le mouvement des étudiants rappelle, dans la rue à Alger et dans les principales villes universitaires du pays, que l’Université algérienne est plus que jamais au premier plan des revendications pour le changement.

Depuis le 26 février 2019, les étudiants se sont imposés comme un acteur inévitable du mouvement de contestation populaire. En milieu de semaine, ils battent le pavé exprimant sans relâche les revendications politiques de la société espérant un lendemain meilleur. Tout a commencé lorsqu’un grand nombre d’universités et d’écoles supérieures ont initié une grève politique pour soutenir les revendications du mouvement populaire du 22 février. Cette action va essaimer et permettre au mouvement étudiant de devenir un acteur important dans la revendication pour le changement politique. Ainsi, le mouvement de contestation populaire, Hirak, est devenu visible à travers les marches du vendredi mais aussi des actions des étudiants le mardi qui, malgré les contraintes, poursuivent un mouvement pour lequel ils se sont largement engagés. Le mouvement étudiant semble avoir « enrichi » le mouvement populaire et semble jouer, semaine après semaine, un rôle d’éclaireur et de « décrypteur des enjeux politiques ». Pour les observateurs, la marche du mardi des étudiants est devenue celle qui lance le tempo de celle du vendredi, où la participation est plus importante. Une sorte de continuité du Hirak, plus juvénile, plus porteur d’espoir pour l’avenir. Fait remarqué dans son action, le mouvement étudiant a réussi à dépasser les clivages et les fractures internes à l’université en imposant une unité d’action. Pour les étudiants, il s’agit visiblement de l’avenir du pays et le monde universitaire est de fait directement concerné.

Mobilisation continue
Le mouvement étudiant continue à mobiliser et à lutter pour faire aboutir les revendications légitimes du mouvement populaire. Les répliques du mouvement populaire du 22 février 2019 pourraient s’installer dans le temps, car, estiment les observateurs, cela pourrait constituer « un moment fondateur de l’histoire de l’Algérie moderne ». Le mouvement étudiant pourra jeter dans le futur proche les bases pérennes pour la construction d’un syndicat national autonome et démocratique des étudiants. La mobilisation continue malgré les pressions et est symptomatique de cette prise de conscience. Face à un ralentissement du mouvement du mardi, notamment durant l’actuelle période des vacances propice au farniente, le mouvement des étudiants a appelé les Algériens à rallier les manifestations du mardi.
Il fallait impérativement pallier au fléchissement constaté de plus en plus, notamment depuis la fin de l’année scolaire. Aujourd’hui, à la veille d’une nouvelle rentrée universitaire, le mouvement des étudiants continue à exprimer les revendications de changement et l’avènement d’une nouvelle Algérie.
L’année achevée aura été marquée par l’incertitude, notamment lorsque les cours dans l’ensemble des wilayas du pays ont été interrompus, en raison des grèves illimitées. Malgré les difficultés à rallonge, liées à une année universitaire compliquée et le risque d’une année blanche, le souffle étudiant continue chaque mardi à être au rendez-vous. Comme un éclaireur tenace du Hirak.