L’état des trottoirs et les ordures dans les artères de la capitale, en particulier à Alger-Centre, font couler beaucoup d’encre depuis des années. Une situation qui renvoie à l’évidence à des problèmes bien plus profonds qu’on ne pourrait le supposer.

Dans chaque coin d’Alger, notamment au centre, des tas de débris, de sachets, cartons, bouteilles, emballages, tout est jeté pêle-mêle et laissé au gré du vent qui se charge de les semer à son tour. Des odeurs nauséabondes s´en dégagent. Ce qui rend impossible toute promenade dans la capitale. Les ordures gagnent de plus en plus les grands boulevards. Place Audin, les rues Didouche-Mourad, Hassiba Ben Bouali, toutes sont submergées. Alger la Blanche est sale. II faut dire que le citoyen a une part de responsabilité. L’Algérien manque de civisme et ne respecte pas les horaires de ramassage des ordures. Cependant, la plus grande responsabilité revient aux autorités locales et en premier lieu la commune et la société de nettoyage Netcom qui, selon les témoignages des habitants d’Alger centre, ne font pas leur travail correctement. En plus de l’absence de rigueur et du laisser-aller général, le citoyen perd toute notion du civisme. La preuve. Sous d’autres cieux, l’Algérien devient un exemple, un citoyen modèle, de retour au bled, il renoue avec ses anciennes habitudes. Par ailleurs, ce constat ne se limite pas à Alger centre. Que ce soit à Bir Mourad Raïs, Bab el Oued, Hussein-Dey… les Bananiers, Bab Ezzouar, Bordj el Kiffan sur la côte est, des sachets d’ordures éventrés s’entassent à n’en plus finir, à même les coins de rue, et s’accumulent au pied des poteaux électriques et des arbres. Les zones où le ramassage s’effectuait tout au long de l’année de manière régulière sont aujourd’hui en souffrance.Des alertes ont été lancées mais aucune n’a trouvé un écho favorable à ce jour. Préoccupé par les questions d’ordre politique, le pouvoir s’est complètement détourné de ce problème de santé publique.
Piétons cherchent désespérément trottoirs en bon état
Autre problématique : l’état de la chaussée. Déambuler dans les rues d’Alger-Centre sans regarder où l’on met les pieds est une expédition à haut risque. Entre trottoirs défoncés et escaliers lépreux, la vigilance est de mise afin d’éviter de se retrouver les quatre fers en l’air, à chaque pas. Que dire des automobilistes qui garent leurs véhicules sur les trottoirs empêchant les piétons de se déplacer en toute sécurité ? Tous les jours, des enfants empruntent ces chemins pour se rendre à l’école. A cause des trottoirs squattés, ils n’ont pas d’autre choix que de marcher sur la chaussée, risquant à chaque seconde de se faire écraser par une voiture. Les travaux ne sont jamais achevés à 100%. Même avec une paire de tennis ou de chaussures plates, les passants trébuchent. Les jours de pluie, des flaques d’eau remplissent ces nids de poule. Les personnes âgées sont celles qui ont le plus de mal à se déplacer et sont souvent victimes de chutes et de fractures dès qu’elles mettent les pieds dehors. Les entreprises qui ont décroché les contrats ne prennent même pas la peine de remettre en l’état ce qu’elles ont démoli. A titre d’exemple, des travaux ont été lancés pour la reconstruction du mur de l’enceinte de l’école El Khansa au Sacré-Cœur. Cependant, ces travaux, qui durent depuis près de deux ans, ne sont pas encore achevés. Résultats.
Des amas de sable mélangés à des ordures jonchent la rue Ali-Berbar. Même constat, dans la rue parallèle, Claude-Debussy, où des gravats sont là depuis quelques mois. Et ni la commune ni la wilaya et ni Asrout n’ont bougé le petit doigt. L’APC d’Alger doit voir les choses autrement. Son Assemblée semble s’être accommodée des rues sales, des trottoirs défoncés et des échafaudages accrochés depuis de longs mois aux façades délabrées des immeubles empêchant ainsi le déplacement des gens dans des conditions normales. n