Tizi Ouzou: « pas de dialogue avec la 3issaba »
A Tizi Ouzou, la mobilisation pour le 24e vendredi de la révolution populaire était à la hauteur  de la valse-hésitation et des contradictions autour du dialogue qui sont apparues, ces derniers temps,   au pouvoir  qui veut imposer ses désidératas à la rue. Une rue  que les joutes  politiques conjoncturelles et épisodiques  ne semblent nullement en mesure de  détourner de l’essentiel. « La révolution continue ! », « Ne marcheront jusqu’au départ du système ! »,  lit-on sur des  banderoles visibles en tête du  défilé. Ce vendredi, les manifestants qui persistent à réclamer  une rupture radicale avec le  système en place depuis 1962, et le retour des militaires dans les casernés, criant « pour un Etat civil et non militaire ! », ont cloué au pilori les partisans du dialogue et ses relais, à travers le panel dirigé par l’ex président de l’APN, Karim Younes :  « Avis aux hiwaristes (partisans du dialogue) : les traitres de 2019 sont pires que les harkis de 1954 ! », proclame un manifestant sur une grande banderole. Une opinion largement partagée par la rue qui persiste  à dire « non au dialogue avec la 3issaba ! ». La dénonciation de l’incarcération des manifestants et autres prisonniers d’opinion et la réclamation de leur libération sont  toujours de mise. Hommage au vieux résistant et  baroudeur de la wilaya 4 historique est rendu par un groupe de marcheurs sur une large banderole : «Bourgaa, de la révolution pour l’indépendance, à la révolution pour la liberté ! » Houssem A. M.

MILA : Rejet du dialogue et de la tenue de la présidentielle

Déterminés à aller jusqu’au bout de leur soif de vivre dans un Etat de droit, de justice et de démocratie, les habitants de la wilaya de Mila continuent de maintenir la pression sur le système pour le faire partir, même si ce dernier persiste dans son entêtement à ne pas écouter les revendications citoyennes et à vouloir imposer ses choix à tout prix et par n’importe quel moyen. En ce vendredi 24 de Hirak, les Mileviens, mobilisés et déterminés plus que jamais, sont sortis manifester leur courroux et leur haine au pouvoir. Les banderoles et slogans anti-pouvoir brandis par les manifestants exprimaient clairement le rejet du dialogue et la tenue de la présidentielle sous le régime de Bensalah. « El Gaïd Salah barka m’n allaâb, 7 et 8 soltane echaâb », « La talaoûb bi doustour », « Makanche intikhabatt mâa el Issabatt », « Nâam li marhala intiqalia mâa woujouh naziha li bina Djazaïr dimoqratiya», « Echourouq, Ennahar sahafatt el âar », « Sahafa chiyatine », « Gaïd Salah dégage », « França touride taâyine raïs fi aqrab waqt », auront été les slogans ayant le plus marqué la manifestation de ce vendredi 24.

Zaoui Abderaouf

EL TARF : Le Hirak brave la chaleur suffocante et exige  une transition

A El Tarf, en dépit de 45°C à l’ombre, les citoyens ont marché pour renouveler leurs revendications, celles de « Tatnahaw Gaa », « pas de dialogue, pas d’élection sous Bensalah et Bedoui ». Les marcheurs ont emprunté le même itinéraire que les vendredis passés avec la même conviction de poursuivre leurs revendications jusqu’au départ des « brigands » qui ont dilapidé les richesses du pays et trahi leurs compagnons d’armes décédés sur les champs bataille lors de la Révolution. « Les Algériens revendiquent l’indépendance, le départ des symboles de l’ex-régime de Bouteflika sans aucune concession, « Non, à Paris, non à El Imarat, Achaab ykhtar », « Algérie madania, la askaria », « libérer les détenus d’opinion politique », « Yalaassab charabtou lahlib, khaliou el bagra la maliha », « libérer le moudjahid Lakhdar Bouregaa », « libérer les jeunes ayant brandi le brassard amazigh », « Halte à la répression », « Halte à l’immixtion de l’institution militaire dans les affaires politiques du pays », etc. Tels étaient les principaux slogans évoqués et les banderoles soulevées par les marcheurs drapés de l’emblème national. Ces derniers, sous un soleil de plomb et une humidité très élevée, parfois insupportable, n’étaient pas très importants cette semaine à cause de la vague de chaleur depuis hier jeudi et la montée du mercure jusqu’à 50° dans plusieurs localités de la wilaya. Au niveau du podium de la place de l’Indépendance, située entre la bibliothèque de lecture et le nouveau siège de la wilaya, les jeunes discutaient de l’avenir de l’Algérie. Pendant plus d’une heure trente, les marcheurs hirakistes ont emprunté les artères habituelles donnant sur la place de l’Indépendance et scandant à gorges déployées des slogans hostiles au pouvoir en place et à l’adresse de ceux qui tentent, depuis le mois de mai dernier, d’étouffer le Hirak par tous les moyens et de dénoncer le vœu de Gaïd d’aller « au plus vite et sans perdre de temps » à l’élection d’un président avec les mêmes qui ont précédemment confisqué la voix du peuple. Les marcheurs ont en outre rejeté en bloc l’initiative de Bensalah, vite contrée par Gaïd Salah. Enfin, notons que les marcheurs du Hirak, qui étaient en ce vendredi 24 sur la place de l’Indépendance, ont exigé une transition conduite par des Algériens aux mains propres et qui n’ont jamais participé à la dilapidation des biens et des richesses de l’Algérie, pays d’un million et demi de chouhada.

Menrad Bahmed

Oum El Bouaghi: Le hirak plus que jamais déterminé pour la concrétisation des revendications !

Bravant la chaleur implacable régnant sur la région, en ce début du mois d’août, les manifestants habituels de chaque vendredi, munis qui de parapluie, de chapeaux et autres couvre-chef, contre les rayons solaires, se sont rassemblés comme à l’accoutumée à l’esplanade Yennayer, à proximité du siège de la commune et de la maison de la culture Nouar-Boubekeur d’où a eu lieu l’entame du Hirak aux slogans de « Silmia, Silmia, Matalibina Chariaa », « Dawla madania la Askaria », « Djazaïr Horra Démocratia »… 

Encadrés par les services de police, les manifestants brandissant de grands emblèmes nationaux ont sillonné l’artère menant vers le siège de la wilaya, via la station de voyageurs, en marquant un stop à chaque carrefour pour entonner les slogans hostiles au système et permettre à d’autres citoyens de rejoindre la foule.

De nombreux émigrés et citoyens vivant à l’étranger participent pleinement au Hirak chaque vendredi en exhibant l’emblème national et en entonnant des slogans exigeant la liberté de manifester, de s’exprimer, la démocratie, la réponse aux exigences populaires revendiquées depuis près six mois, et notamment le départ du gouvernement Bedoui, la mise en place d’une commission indépendante pour l’organisation, le contrôle et la proclamation des résultats des élections, le départ de tout élément ayant participé avec la Issaba à la destruction du pays, la liberté de la presse…

La plus grande agglomération de la wilaya Aïn Beïda ne manque pas à l’appel comme à l’accoutumée. Les manifestants de tous âges, femmes, enfants, adolescents, jeunes, vieux, à leur tete « Titoma », longent diverses artères en entonnant des chants patriotiques et des slogans anti-pouvoir tels « Doula madania machi askaria », « Algérie libre et démocratique », « La Lil intikhabat maa alissabat » et autres.

Kader M.