Les jeunes de la wilaya de Mila ne savent plus quoi faire pour «tuer le temps», la vie est chère, les passe-temps à moindre frais sont rares et se payer du bon temps demande beaucoup d’argent.

Or, l’argent, nerf de la guerre, manque énormément chez la frange des jeunes issus de familles déshéritées ou pauvres sans aucune ressource. A l’exception des cafés et des cybercafés il n’y a pas d’autres alternatives pour « tuer le temps ». Et s’il y a alternative, il faut posséder les moyens adéquats pour pouvoir en profiter. Partir en bord de mer nécessite beaucoup de dépenses, aussi les jeunes, chômage oblige, ou salaires à peine suffisants pour ceux qui ont eu la chance de travailler, ne peuvent se permettre de longs séjours et choisissent un aller/retour sur Jijel, Annaba ou Skikda pour y passer une journée à bronzer et à barboter dans l’eau, et à défaut d’un repas gastronomique, ils « dégustent » des frites-omelettes ou autres sandwiches à prix raisonnable. A leur retour le soir, ils sont heureux, c’est ce qui aura le plus marqué leur journée. D’autres jeunes préfèrent les piscines, malheureusement, elles sont rares et coûtent cher, aussi les jeunes ne s’y rendent qu’occasionnellement, certains les trouvent insalubres et sans aucun attrait si ce n’est pour faire trempette sans plus, ils n’éprouvent aucun plaisir à y barboter surtout quand il y a foule. Les communes se sont dotées de piscines mobiles destinées principalement aux enfants qui malheureusement pour des raisons inexpliquées les boudent totalement. Une autre frange de jeunes adolescents, celle des établissements de jeunesse, a la chance de partir en séjour en mer, tous frais payés par l’Etat, en bord de mer le temps d’une journée, encadrés par la direction de la jeunesse et des sports dans le cadre du plan qu’initie chaque année cette institution. Selon les informations en notre possession, plus de
21 000 adolescents sont concernés par le Plan bleu, une aubaine pour les enfants de familles démunies. Dans les petites agglomérations, les jeux de cartes et de dominos demeurent les seuls passe-temps des habitants. Certaines personnes, oisives à souhait, passent toute leurs journées dans les cafés, ne se lassant pas de jouer, clouées sur leurs sièges. Elles restent toute une journée dans un café, les yeux rivés sur les dominos et les cartes, des personnes de ce genre il en existe et beaucoup. Des jeunes, amoureux de la balle ronde, passent leur temps à organiser des matches de football sur les terrains de proximité réalisés pour la circonstance mais depuis que ces derniers sont devenus payants, les matches se font rares. Et comme seules les veillées nocturnes sont gratuites, les jeunes ne rentrent que très tard chez eux pour ne se réveiller que le lendemain vers midi pour tuer le temps. Les jeunes souffrent énormément en cette période de l’année et ne savent plus à quel saint se vouer. La vie est chère, les vacances sont chères, tout est cher, les jeunes le savent bien mais cela ne les empêche pas de rire, de se faire plaisir et de croire à un avenir meilleur… n