Si la saison estivale est pour certains synonyme de détente et d’évasion, pour d’autres c’est le moment opportun pour dénicher les petits jobs afin d’aider la famille à remonter la pente et à joindre les deux bouts, mais aussi pour donner un sens à une vie marquée en cette période de chaleur par l’ennui et la routine.

Ainsi, dès le début des grandes vacances, bon nombre de jeunes étudiants partent à la recherche d’une autonomie financière pour éviter de vivre aux crochets des leurs. Et le phénomène touche même une partie des actifs. Nous avons rencontré et engagé la conversation avec quelques étudiants qui affichent leur autonomie et leur débrouillardise et refusent de vivre à la solde d’autrui. Omar, un jeune étudiant à l’université d’El Annasser, dès que l’occasion se présente pendant les vacances scolaires, ne manque pas de la saisir, en enfilant sa combinaison et retroussant les manches pour effectuer des travaux de peinture, de crépissage, d’électricité dans des chantiers ou chez des particuliers. Un véritable couteau suisse qui touche à tout et d’un professionnalisme inouï. « Je suis un enfant médian d’une famille nombreuse. Avec la maigre bourse, bosser parallèlement aux études est la meilleure façon de m’en sortir et pour me faire plaisir et faire plaisir autour de moi », nous dit-il. Nous avons rencontré aussi un groupe de jeunes étudiants en marketing qui nous ont ébahis par leur persévérance à vendre un produit d’une entreprise qui les embauche, moyennant une somme d’argent en fin de journée. Inlassablement, quitte à faire du porte-à-porte et de rentrer bredouilles. Pendant l’été, beaucoup d’étudiants des filières médicales choisissent également de suivre des stages pratiques dans les EPH ou les infrastructures sanitaires de proximité pour mieux consolider leur bagage théorique acquis pendant l’année. Il y a aussi des jeunes actifs qui parviennent à combiner deux métiers sans encombre. A l’image du docteur Benabdeslem qui, pendant la semaine, exerce à l’EPH de Mansoura et le weekend se transforme en agriculteur aguerri. « C’est beaucoup plus pour me déstresser que j’ai choisi ce mode de vie. Je suis à l’hôpital pendant la semaine et le week-end j’embarque ma petite famille au pays de mes ancêtres. D’abord, pour lui éviter le déracinement et lui apprendre à vivre en symbiose avec la nature qui fait bien les choses. Là-bas, je m’adonne à l’apiculture, à l’oléiculture et même à planter des pistachiers, puisque le climat de la région est propice. Et je m’en sors plutôt bien sur tous les plans », nous dit-il. D’autres jeunes, intrépides face à la canicule, n’attendent pas la rentrée en passant l’été à se rouler les pouces. Sans snobisme aucun, ils acceptent d’être rémunérés pour des petits jobs dans des cafés des restaurants ou au bord des routes pour vendre des fruits de saison, du gibier, de la poterie ou autre. Voilà qui fait d’eux des nomades, en allant partout pour dénicher un travail éphémère, collectant et dépensant comme bon leur semble le petit pactole qu’ils touchent en fin de journée et autonomes en étant fiers de subvenir à leurs propres besoins.
M. A.