Sixième numéro de la série «Petits Inédits Maghrébins» (PIM), «Khadidja» suivi de «Sur une belle lépreuse» d’Henry de Montherlant, est un recueil de textes inédits
et de correspondances, présenté par Guy Dugas (directeur de la collection des PIM), qui éclaire sur une décennie environ d’errance, d’aventures, en Afrique du Nord.

«Khadidja» suivi de «Sur une belle lépreuse» d’Henry de Montherlant, présenté et annoté par Guy Dugas, professeur émérite des universités, vient de paraître aux éditions El Kalima, dans la série Petits Inédits Maghrébins (PIM) de la collection poche «Djib». L’ouvrage comporte des textes inédits et des correspondances, qui éclairent sur les dix années que Montherlant a passé à voyager, de 1925 à 1936, entre la France et l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie). «Dix années d’abandon et de vagabondage», écrit Guy Dugas dans sa présentation, qui plonge le lecteur dans le contexte de l’époque et apporte des éléments de réponses quant aux motivations et aux choix de l’écrivain. A ce propos, M. Dugas indique, dans son texte, que «ce que poursuit l’écrivain, c’est moins la féérie visuelle des exodes qu’un nouvel état d’âme, la recherche d’un état d’insouciance systématique de tout ce qui n’est pas l’amour et le merveilleux». Ce départ, ces voyages et ces errances à travers trois pays d’Afrique du Nord sont vécus comme une «renaissance» pour l’auteur de «La Rose de sable», un désir de «se ‘désolidariser’ de tout ce qui le rattache au vieux monde». Son périple commence en octobre 1926 par Tanger, après des séjours «sur les rivages méridionaux de France et d’Espagne». Il se rend ensuite à Tunis puis Alger. «A Alger, il loge d’abord dans un hôtel rue Richelieu, puis à peu de distance de là, dans un minuscule deux-pièces loué à une dame Jorelle, au 35 boulevard Saint-Saëns. C’est alors qu’il entreprend la rédaction de «La Rose de sable», son grand roman nord-africain, d’écriture objective. Nouveau départ fin août ou début septembre 1930. L’hiver est ensuite passé en Algérie, où Montherlant – toujours logé au Boulevard Saint-Saëns– a l’occasion de suivre à distance les célébrations grandioses du centenaire de la colonisation. L’écœurement qu’il en conçoit marquera l’inspiration du grand roman nord-africain dont il poursuit la composition», souligne Guy Dugas. Ecartant «toute tentation d’exotisme» car y voyant une forme de «facilité», il réalisera au fil de ses retours au pays qu’une prochaine guerre est «inéluctable», il reconsidère ainsi la publication de «La Rose de sable» (qui ne paraîtra qu’en 1968) et publie «Il y a encore des paradis». Paradoxalement, un texte «exotique». En outre, parmi les textes de ce recueil, on retrouve «Khadidja» («graphie montherlantienne»), une nouvelle «qui légèrement remaniée fournira un chapitre au début de la deuxième partie du roman ‘Les Lépreuses’ (1939)», quatrième et ultime volume de la tétralogie romanesque «Les Jeunes filles». Un autre inédit, le texte à dimension autobiographique «Homo Liber 1925», où Montherlant évoque l’alternance pour expliquer ses voyages «autour de la Méditerranée». Somme toute, «Khadidja suivi de «Sur une belle lépreuse» met en lumière des textes inédits, inconnus et les remets dans leur contexte, tout en apportant des éclairages et des précisions sur une période importante de la vie de l’auteur. Par ailleurs, cet inédit est le sixième opus publié dans la collection PIM dirigée par Guy Dugas. A paraître prochainement (dans le courant de cette année) dans cette même collection : «La Greffe» (théâtre) de Driss Chraïbi (présentation Kacem Basfao) et «Le jeu de la Boqqala, suivi de Bwaqel pour Arnold, ill. de Baya» de Jean Sénac (présentation Hamid Nacer Khodja).n

• «Khadidja suivi de Sur une belle lépreuse» d’Henry de Montherlant.
Présentation Guy Dugas. Recueil de textes, 104 pages, éditions El Kalima, coll. Djib, série Petits Inédits Maghrébins, Alger, 2ème semestre 2019.
Prix : 500 DA.