Le village de Sahel, dans la commune de Bouzeguène, à une soixantaine de kilomètres à l’extrême sud-est de la wilaya de Tizi-Ouzou, vit ces jours-ci au rythme de la 16e édition du Festival Raconte-Art qui se poursuivra jusqu’à demain. Plus de 600 artistes locaux et internationaux ont pris part à cette manifestation dédiée à la femme dans un humble hommage et pour veiller à la préservation de l’environnement.

En plus des activités culturelles, artistiques et d’animation, organisées tout au long de ce festival dont l’objectif est d’assurer des échanges avec les invités, venus des quatre coins du monde, ce festival a été émaillé par l’organisation de randonnées afin de permettre aux invités de découvrir toutes les façades de la Kabylie et ses richesses naturelles. D’ailleurs, une randonnée pédestre a été organisée, avant-hier, au niveau de la forêt d’Akfadou, où les groupes de randonneurs, composés d’une centaine de personnes en quête de découvrir la Kabylie, ont parcouru une vingtaine de kilomètres et apprécié cette louable initiative, a affirmé Kessal Salem, un randonneur. D’après lui, des encadreurs et des guides accompagnateurs sont mobilisés par la Confédération de randonneurs de Kabylie pour faire découvrir aux invités les circuits de la région. Ainsi, des poses culturelles et scientifiques sont organisées lors de ces randonnées qui permettront des échanges entre les différentes nations.

Des Calédoniens accueillis en hôtes d’honneur
A préciser que la nouveauté de cette nouvelle édition du Festival Raconte-Art est la venue des artistes de Kanaky, en Nouvelle-Calédonie, en invités d’honneur de cet évènement. Ces artistes n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction de prendre part à ce festival et de venir découvrir l’Algérie, plus particulièrement la Kabylie, un voyage qui fut un rêve et qui a été exaucé. « C’est pour la première fois que je viens en Algérie. Quand je suis arrivé, je me suis rendu compte que le cadre de vie des Algériens ressemble à celui de la Nouvelle-Calédonie. C’est magnifique le village de Sahel. On a présenté hier (avant-hier Ndlr) un spectacle traditionnel de la Nouvelle-Calédonie (danse, chant, poèmes…) à travers lequel on a présenté notre culture », dira Doris Tomadra, artiste calédonien. Même son de cloche chez Kassa Marcel, chanteur et dessinateur calédonien, qui a tenu à remercier les villageois du Sahel pour l’accueil qu’ils ont réservé à leurs invités. « L’Algérie est un pays qu’on a toujours rêvé de visiter et plus particulièrement la Kabylie et ce, à travers les contacts, les échanges entre personnes et la culture. Je trouve que les personnes sont accueillantes, sympathiques. Nous avons partagé des moments d’échanges nutritionnels, de la culture, de coutumes et les expressions entre les Algériens et les Calédoniens. Franchement, on est en train de passer des moments inoubliables du matin au soir et ce, depuis le début de ce festival. On ne manque de rien. Nous avons constaté que certaines traditions kabyles ressemblent à celles de la Nouvelle-Calédonie », dira Kassel Marcel. Pour sa part, Francis Dalchet Poitier, venu de la ville de Poitiers en France, a indiqué que c’est son premier voyage en Algérie. Il a souhaité que cette participation à ce festival soit une occasion, pour lui, de faire un carnet de voyage dans ce village de Sahel et d’avoir un aperçu sur la vie dans les villages en Kabylie.

Des conférences-débats à la placette du village 
En outre, il est à préciser que la placette du village du Sahel, appelée « Thadjemaâth » est devenue un lieu de débats et de conférences pour les écrivains et les éditeurs venus en masse à cette 16e édition du Festival Raconte-Art. Avant-hier, c’est Omar Oulamara, écrivain en langue amazighe, auteur de huit ouvrages, qui est revenu sur l’état des lieux de développement et la promotion de tamazight sur le terrain. D’après lui, malgré l’officialisation de cette langue nationale dans la Constitution algérienne, elle est confrontée réellement à beaucoup d’obstacles. Il cite le non soutien financier de la part des pouvoirs publics au profit des éditeurs et des écrivains qui, d’après lui, sont livrés à eux-mêmes. Des entraves, enchaîne-t-il, qui découragent les écrivains de publier leurs ouvrages. En revanche, il a estimé que bien que la plupart des livres de tamazight sont de la poésie, cela contribuera à promouvoir cette culture au sein de la société. « Certes, les romains en langue amazighe sont quasi inexistants, mais les livres de poésie sont une bonne chose pour la pérennité de notre culture ».