L’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et le commissariat du Festival national du théâtre amateur de Mostaganem (FNTAM) ont signé officiellement une convention associant l’expérience de l’AARC et les efforts déployés depuis des années par le FNTAM. L’accord a été signé par le directeur de l’AARC Abdelkader Bendamèche et le commissaire du FNTAM, Mohamed Nouari.

La convention porte notamment sur deux projets d’envergure durant les mois à venir, à savoir celui d’apporter un soutien à la troupe qui remportera la prochaine édition du Festival de Mostaganem et l’organisation, durant le premier trimestre de l’année 2020, «d’assises du théâtre amateur» avec pour objectif de faire le point sur l’état et l’avenir d’une activité culturelle «vivier du théâtre algérien», réunissant plus de 700 troupes amateurs à l’échelle nationale. Accord né, en effet, d’une initiative de l’AARC, qui s’engage ainsi pour la première fois de son histoire au profit de la promotion du théâtre amateur. Son directeur Abdelkader Bendameche nous précise à ce sujet, en marge de la signature, que cette convention marque aussi le début d’une nouvelle page. Affirmant que «depuis la création de l’AARC, en 2008, nous n’avons jamais entamé un tel travail en faveur du théâtre, il s’agit d’une première pour nous». L’objectif sera dans un premier temps de «soutenir» la troupe lauréate du prochain Festival du théâtre amateur de Mostaganem, programmé du 27 août au 1er septembre prochains. «Le premier prix sera accompagné pour jouer dans les différentes wilayas du pays, et invité durant un an à donner des représentations dans les théâtres». Abdelkader Bendamèche nous souligne également que le choix de l’AARC se porte ainsi uniquement sur une aide technique et organisationnelle : «Il ne s’agit pas d’une aide financière, mais d’un accompagnement et d’un travail d’organisation, ce qui est exactement la mission dévolue à l’AARC.» Quant au commissaire du FNTAM, Mohamed Nouari, à la tête du doyen des festivals algériens – lancés en 1967 – confie que cette convention est à la fois «importante et louable».
Le responsable notant avec satisfaction que l’Etat s’engage pour la première fois de son histoire en faveur du FNTAM. «l’AARC est la première institution étatique qui mesure le sérieux du festival (…) Au départ on encourageait les lauréats uniquement avec un soutien financier. Aujourd’hui, nous leur proposons plus. Des tournées, une occasion de se produire, un privilège que les troupes amateurs n’ont généralement pas».

Faire le point sur la situation du théâtre amateur
Le théâtre amateur présenté, par ailleurs, comme le véritable vivier du théâtre algérien, réunissant des milliers de comédiens amateurs inscrits dans près de «700 à 800 troupes activant à l’échelle nationale». Il apparaît que l’autre objectif de la convention est en ce sens «de faire le point» sur l’état des lieux du mouvement du théâtre amateur en Algérie. Les responsables de l’AARC annoncent, à cet effet, la tenue durant le mois de mars 2020, «d’assises du théâtre amateur» qui devront réunir des professeurs, des comédiens, des journalistes investis dans le domaine… Il s’agit aussi de réunir des personnalités qui ont fait et qui font le théâtre algérien. Abdelkader Bendamèche ajoute, à propos de cette initiative, que l’objectif sera notamment «de lancer une étude approfondie, afin d’aboutir à des recommandations qui donneront lieu à une publication». Revenant par ailleurs sur les principaux angles et problématiques qui devront impérativement être débattus, notamment la question des mécanismes d’aides apportés par l’Etat aux troupes de théâtre amateur, ou encore les différentes législations régissant les associations, fondations ou complétives de théâtre, Nouari Mohamed rappelle que malgré l’importance que rêvait le théâtre amateur dans la formation et l’orientation des jeunes comédiens, cela fait près de quatre décennies qu’aucune rencontre de ce type n’avait été dédiée à cette activité. Selon le commissaire du FNTAM, «le théâtre algérien est le produit du théâtre amateur, toutes nos grandes figures en sont issues (…) Aujourd’hui pour la première fois, depuis 1980, avec la programmation des «rétrospectives du théâtre algérien », «nous organiserons un très important séminaire sur le théâtre amateur ». Concluant : «J’estime que cela donnera un nouveau souffle au mouvement du théâtre amateur car nous avons avant tout besoin que le sérieux de notre travail soit reconnu».