Considéré comme le romancier et auteur de récits de voyages le plus lu en Espagne, Ravier Reverte a fait escale à Alger où il a animé une rencontre, organisée par l’ambassade d’Espagne en Algérie et l’Institut Cervantes d’Alger en collaboration avec Casa Mediterráneo, et modérée par Antonio Gil de Carrasco (directeur de l’institut), et ce, mercredi dernier à la salle des Actes de l’Institut Cervantes d’Alger.

Javier Reverte a rappelé s’être déjà rendu en Algérie, en indiquant : «J’ai été sur les traces d’Albert Camus. C’est un écrivain que j’ai beaucoup adoré car dégageant beaucoup d’émotion (…) En arrivant à Alger, j’ai voulu voir là où il a grandi, visité les appartements qu’il a occupés, son quartier, le lycée où il a étudié… Mon livre parle de lui».  Ce qui l’a marqué en visitant le lycée, c’est l’absence d’une plaque mentionnant que Camus a été élève dans cet établissement. «Le directeur du lycée au moment où j’étais à Alger a expliqué ce fait : ‘‘Camus n’est pas des nôtres, il n’a jamais écrit sur nous’’», a-t-il déclaré. En outre, Javier Reverte est revenu sur sa passion pour les livres d’aventures qui remonte à son enfance constituant l’un des rares divertissements et loisirs. «Ces livres me permettaient de voyager et d’échapper à mon quotidien», a-t-il confié. Enfant, avide d’aventures et de voyages, il voulait devenir explorateur ou missionnaire, sauf que sa famille l’en dissuada. Il suivit les traces de son père et de quatre de ses oncles et exerça le métier de journaliste près de 30 ans. Ses lectures d’enfance ont nourri ce désir de voyager et d’écriture. Pour lui, le point commun entre «un journaliste et un écrivain ce sont les mots. Tous les deux emploient des mots», a-t-il soutenu. « Le métier de journaliste m’a appris à poser des questions et à rapporter les faits», a-t-il ajouté. Ce qu’il lui a permis d’être vrai et authentique dans ses récits de voyages : « Je veux être le plus réaliste possible. Quand je veux écrire un livre de voyages, je me déplace, je visite différents endroits. En fait, tout repose sur l’émotion que dégage cet endroit et l’intérêt que j’ai pour lui.» Pour écrire ses récits de voyages, Javier Reverte a beaucoup voyagé en bateau. Autre sujet abordé lors de cette rencontre est celui du Sahara Occidental. S’étant déjà rendu à plusieurs reprises dans les camps sahraouis, Javier Reverte ne mâche pas ses mots. «L’Espagne a abandonné le peuple sahraoui. Pour moi, c’est une injustice», a-t-il asséné. Selon lui, outre le lien linguistique, il existe un attachement entre les deux peuples : «En Espagne tout un mouvement de solidarité a été mis en place par des associations espagnoles pour venir en aide aux Sahraouis», a-t-il estimé. Du haut de ses 75 ans, Javier Reverte ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Après avoir sillonné plusieurs pays, plusieurs villes, son prochain livre sur la Sicile (Italie) est en cours de finalisation.