La Journée d’étude sur «Les libertés de l’exercice syndical», qu’organise aujourd’hui le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale n’est pas du goût de la Confédération des syndicats algériens (CSA) qui a annoncé qu’elle boycottait la rencontre.

Au niveau de la CSA, le rendez-vous est considéré comme «pure diversion pour gagner du temps et redorer le blason auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT), qui a épinglé l’Algérie dans un rapport sur l’exercice syndical», explique-t-on au niveau de cette confédération syndicale.
Les syndicats autonomes affiliés à la Confédération des syndicats algériens boudent ainsi la rencontre à laquelle ils ont été conviés par le ministère du Travail. Cette invitation, indique Abdelouahed Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef, intervient au lendemain d’un rapport de l’OIT, organisme relevant des Nations unies et qui «a apostrophé l’Algérie sur les rapports qu’elle entretient avec son partenaire social, notamment dans le volet lié aux entraves à l’exercice syndical».
Cette Organisation, pour rappel, a présenté, à l’issue de la mission qu’elle a effectuée en Algérie, du 21 au 23 mai dernier, un rapport qu’elle a exposé à Genève et qu’elle a eu des «discussions franches et ouvertes» avec les autorités algériennes, ainsi que les organisations patronales et syndicales sur les thématiques de la réforme législative engagée par les autorités publiques. «On doute que le ministère du Travail tend à corriger ses dérives ou améliore son rapport avec son partenaire social syndical, mais il tente de courtiser l’OIT», souligne le porte-parole de l’Unpef. La mission, selon M. Zegar, «a recommandé entre autres au gouvernement la mise à niveau des lois relatives aux modalités d’exercice de la liberté syndicale et du projet du code du travail et l’accélération de l’enregistrement des syndicats». Il s’agissait aussi, a ajouté
M. Zegar, de la prise de mesures nécessaires visant à la réintégration effective des syndicalistes licenciés et l’exercice de la liberté syndicale dans un environnement exempt d’ingérence et d’intimidation.
Pour notre interlocuteur, la rencontre d’aujourd’hui est intimement liée aux problématiques et autres revendications posées par le mouvement populaire, dans le sens où elles convergent toutes vers le préalable de liberté dans toute action. «On a adhéré pleinement au mouvement populaire enclenché le 22 février et épousé toutes les revendications qu’il a soulevées», poursuit notre interlocuteur. Les syndicats autonomes et la Confédération des syndicats autonomes se sont inscrits à la démarche du peuple, qui décrie et refuse de reconnaître ce gouvernement de «gestion des affaires courantes», ajoute notre interlocuteur. Par ailleurs, M. Zegar a fait état d’une rencontre, qui a réuni les représentants du CSA et le coordinateur des initiatives des «Forces du changement» et celle de la société civile, Abdelaziz Rahabi, afin d’aller le 6 juillet prochain à une conférence de dialogue nationale telle que souhaitée par les partisans des «forces du changement». «Les syndicats, partie prenante de la société civile, préfèrent travailler sur une feuille de route pour trouver une issue de crise avec les acteurs et activistes politiques et non de prendre part à des réunions stériles avec un gouvernement contesté», soutient notre interlocuteur.