Alors que l’appareil judicaire algérien s’est lancé dans une opération inédite contre le phénomène de corruption, pratiqué à grande échelle par le système en place durant le règne de l’ex-président Bouteflika, les différents corps constitués de sécurité s’inscrivent dans cette démarche en intensifiant leurs efforts dans la lutte contre toutes les formes de criminalité et pour la protection de l’économie.
Au niveau de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), les efforts ont été orientés vers, entre autres opérations, le transfert illicite de devises, avec des résultats encourageants réalisés à ce jour, qui ont d’ailleurs été salués par le responsable de la DGSN Abdelkader Kara Boudhaba, lors d’une rencontre d’orientation interne avec les chefs et commandants des brigades opérationnelles de la Police des frontières (PAF), samedi dernier. Ces derniers ont été félicités par leur directeur général pour
« les résultats réalisés dernièrement sur le terrain en matière de lutte contre toutes formes de criminalité, notamment la mise en échec de plusieurs tentatives de transfert illicite de devises vers l’étranger», indique un communiqué de la DGSN.
Si M. Kara Boudhaba évoque « plusieurs » tentatives de transfert illicite de devises, cela signifie que ce phénomène s’est amplifié ces derniers temps, confortant les alertes lancées dès le début du Hirak par des économistes, des partis, personnalités politiques et associations de la société civile, mais aussi par des citoyens, contre le risque de voir de grosses sommes de devises rejoindre des comptes établis à l’étranger. Certains parmi les économistes, ayant appelé à barrer le chemin à cette pratique, avaient même recommandé de protéger les réserves de change du pays par la mise en place d’un organe chargé de gérer cette manne en monnaies fortes, qui s’amenuise de manière assez dangereuse pour l’équilibre financier national.
Vers la fin mars, quelques jours après cet appel, la Banque d’Algérie avait annoncé l’installation d’un comité de suivi de transfert des devises, avouant indirectement son échec dans sa mission de contrôle et de lutte contre la fuite des capitaux au cours de ces dernières années. Des fuites, en premier lieu, à travers des procédés de surfacturation qui alourdissent fortement les factures d’importations payées par l’Etat. Des méthodes qui ont saigné l’économie algérienne. En plus de ce type d’opérations douteuses, dont le contrôle revient à la Banque d’Algérie, le transfert illicite de devises vers l’étranger emprunte souvent le chemin des frontières, dans les valises des voyageurs. Sur ce registre, les opérations de lutte se sont aussi intensifiées, avec plusieurs tentatives mises en échec par les services des Douanes. La semaine écoulée, la direction de cette institution avait annoncé l’interception de deux passagers, à l’aéroport Houari-Boumediène (Alger), en possession de fortes sommes en devises. Le premier passager transportait une somme de 30 000 euros qu’il acheminait à travers un vol Tunis-Istanbul avec escale à Alger, alors que 16 000 dollars ont été découverts sur un autre voyageur qui s’apprêtait à s’envoler vers Dubaï (Emirats arabe unis), a précisé la même source.<