Salim Labatcha promet d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).
« Nous allons revenir à notre véritable travail de syndicalistes en corrigeant les erreurs du passé et en comblant les lacunes de la centrale syndicale. Ce sera une nouvelle page dans l’histoire du syndicalisme qui s’ouvrira désormais pour nous.»

C’est du moins ce qu’il a lancé devant une armada de journalistes, présents, hier au second jour du congrès de la centrale syndicale. Le nouveau secrétaire général de la centrale syndicale s’est voulu rassembleur à cette occasion, en indiquant que « l’ensemble des travailleurs » ont leur place au sein de la centrale syndicale, insistant sur l’impératif « de réconcilier l’UGTA avec ses principes fondamentaux ». Sur un ton incisif, il ne manquera pas de lancer : « Nous reconnaissons l’existence de dérapages dans le passé et d’erreurs », mais « nous promettons de revenir aux fondamentaux et à la fonction de base du syndicat qui est représentée à travers l’impératif de défendre les intérêts des travailleurs et des entreprises publiques ». Dans ce cadre, le patron de la centrale syndicale a expliqué qu’on aura « le courage d’aller vers la base des travailleurs et de leur tenir un discours sincère, clair et limpide ». « Nous sommes déterminés à aller de l’avant et à mettre en priorité l’intérêt des travailleurs et celle de l’outil de production. » Avant d’insister : « Notre première mission est de rétablir la confiance entre les travailleurs et défendre leur avenir à l’approche d’une rentrée sociale qui s’annonce décisive. » Par ailleurs, les membres du Secrétariat national de l’UGTA ont été élus, hier au second jour des travaux du congrès de la centrale syndicale. Il s’agit en l’occurrence de Saqr Slimane, Ahmed Guettiche, Boudjemaâ Belhadj, Madani Mouilah, Rachid Amara, Abdelkader Messous,
Mohamed El Houari, Mohamed Djoudi, Boudjmâa Boubjima, Hamou Touahria, Adjabi Salah. Après leur élection, c’est Salim Labatche, nouveau secrétaire général, qui aura la prérogative de répartir les responsabilités de chaque secrétaire national. Pour rappel, Salim Labatcha a été élu, vendredi, nouveau secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens pour un mandat de cinq ans, en remplacement d’Abdelmadjid Sidi Saïd, lors du 13e congrès de la centrale syndicale. Elu à l’unanimité par les 500 délégués représentants des structures de l’Union à travers les wilayas, dont des représentants des fédérations nationales des différents secteurs professionnels, Salim Labatcha jouit d’une légitimité qui lui donne toute la latitude de mettre en application sa feuille de route lors des prochaines cinq années.
Elu à un moment charnière de la vie politique nationale caractérisée par une crise inédite du pays, Labatcha aura certainement un rôle majeur à jouer puisque la majorité des travailleurs sont partie prenante du mouvement de rue né du 22 février dernier. A suivre.<

Le syndicaliste qui avait défié Louisa Hanoune

Salim Labatcha, le tout nouveau secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), est l’homme qui a osé défier Louisa Hanoune, la toute puissante patronne du Parti des travailleurs (PT), en remettant en cause son hégémonie sur le parti. C’était en 2016. Député et membre du comité central (CC) et bureau politique du Parti des travailleurs, Labatcha, déterminé à en finir avec le règne de deux décennies de Louisa Hanoune, avait même mis en place un mouvement de redressement du PT. Il avait, en effet, réussi à structurer une contestation contre l’inamovible patronne du parti, candidate à chaque congrès à sa propre succession. Mais sa stratégie a été mise à mal par une Louisa Hanoune qui a transformé une conférence nationale en un congrès extraordinaire, l’ayant plébiscitée à la tête du parti, en mars 2016, au Village des artistes de Zéralda. Ce plébiscite a eu pour conséquence l’éjection de Salim Labatacha, chef de file du mouvement de redressement du parti, en compagnie d’une dizaine de cadres du parti. Cette séquence politique avait grandement marqué les esprits par la théâtralité de l’événement. Depuis, Labatcha est retombé dans l’anonymat avant de réapparaître, vendredi dernier, en tant que secrétaire général de l’UGTA. Le successeur de Sidi Saïd pour un mandat de cinq ans est une forte tête et un syndicaliste de gauche. Ce quinquagénaire, titulaire d’un diplôme universitaire en informatique, ayant occupé le poste de secrétaire général de la très convoitée Fédération nationale des travailleurs de l’agroalimentaire (FNTA) depuis 2011, a fait un véritable travail de coulisse pour s’adjuger le plébiscite des 500 délégués congressistes. En effet, les représentants des structures de l’Union à travers les wilayas, dont des représentants des fédérations nationales des différents secteurs professionnels, ont vu en la personne de Salim Labatcha, « le successeur le plus approprié dans la période actuelle », comme le reconnaît un syndicaliste rencontré, hier, au second jour du congrès de la centrale syndicale. Ayant occupé plusieurs responsabilités syndicales depuis qu’il a débuté son action syndicale dans les années 1990, Labatcha a été très discret lorsqu’il était député du PT, puisqu’il n’intervenait que rarement lors des débats autour des projets de lois. Son arrivée à la tête de la centrale syndicale s’inscrit dans les revendications du mouvement de rue, né du 22 février dernier. « C’est un jeune syndicaliste qui maîtrise les dossiers, qui n’est pas lié avec les hommes d’affaires et les oligarques corrompus », lance tout sourire un syndicaliste, en marge de son élection.
Un autre lui succède : « C’est un trilingue qui n’a rien à voir avec les méthodes de Sidi Saïd ». « C’est un jeune de gauche qui a du bagout, et surtout bénéficie d’un large soutien parmi les syndicalistes de la centrale syndicale », soutient un congressiste de Blida, selon lequel « avec Labatcha, une nouvelle page s’ouvre pour non seulement l’UGTA mais, également, pour l’ensemble des travailleurs algériens aspirant à la dignité ».