Ce qui était dans le passé un rêve est devenu aujourd’hui une réalité. En effet, le territoire de Babor-Tababort, s’étendant sur les wilayas de Sétif, Béjaïa et Jijel, est classé aire protégée dans la catégorie parc national et prend désormais la dénomination de « Parc national de Babor-Tababort », selon un décret exécutif publié au dernier Journal Officiel. « En application des dispositions des articles 28 et 29 de la loi n° 11-02 du 14 17 février 2011, susvisée, le présent décret a pour objet de classer le territoire de Babor-Tababort situé dans les wilayas de Sétif, de Béjaïa et de Jijel, en aire protégée dans la catégorie parc national », précise ce décret datant du 29 novembre 2019. Selon toujours ce document, le désormais parc national de Babor-Tababort couvre une superficie de 23 656 hectares, répartie comme suit : wilaya de Sétif : 11 909 ha, wilaya de Béjaïa : 7478 ha, wilaya de Jijel : 4 269 ha. Pour rappel, la proposition finale de classement a été transmise à la direction générale des forêts début de l’année 2017 qui a, à son tour, remis le document à la commission nationale chargée du classement des aires protégées pour donner son avis. Dans ce même cadre, il faut rappeler que l’idée de créer cette aire protégée dans le massif du Babor-Tababor a été initiée en 2014 par l’Association de réflexion, d’échange et d’action pour l’environnement et le développement (Area-ED), en partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique en Algérie (INRAA) et la direction générale des forêts (DGF). Des chercheurs de l’université Ferhat-Abbas ont aussi apporté leur soutien à ce projet très stratégique sur les plans environnemental, touristique mais aussi économique. Pour le volet financement, ce projet sera financé par le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (Cepf). Il convient de rappeler que cette aire protégée s’étend sur 5 communes de trois wilayas, Babor et Oued El-Bared (Sétif), Darguina et Tamridjet (Béjaïa) et Erraguène (Jijel). Une fois concrétisé, ce parc national sera composé de trois zones. Une zone centrale qui sera dédiée aux activités de la recherche scientifique, une zone tampon qui sera ouverte au public pour des visites guidées et pour les activités agricoles familiales, et une zone de transition qui servira de lieu à toutes les actions de développement durable. Parmi les objectifs de ce projet figurent le maintien des processus écologiques, la protection de la biodiversité naturelle, la préservation et la valorisation des agricultures familiales, la protection des zones de nidification des rapaces situées sur le mont Tababort. Dans le but de protéger l’intégrité de ses écosystèmes, le parc national de Babor-Tababort est soumis aux prescriptions de préservation, de protection et de développement. Le document ajoute qu’il est strictement interdit toute dégradation par déversement, écoulement ou rejet, décharge, ou dépôt de matières susceptibles de modifier les caractéristiques physiques, chimiques, biologiques ou bactériologiques du site. Aussi, il est interdit de pratiquer la chasse ou mener tout acte ou travaux susceptibles de nuire à la faune et à la flore. Le parc va abriter plusieurs espèces animales non domestiques, à l’instar des mammifères, grand rhinolophe fer à cheval, murin a oreille échancrée, murin de capaccini et le magot, des reptiles, seps ocelle, psammodromealgire et lézard ocelle, des amphibiens, salamandre d’Algérie, et des avifaune, aigle royal, vautour fauve, gypaete barbu, percnoptere d’Egypte, aigle de Bonelli, cincle plongeur, pic epeichette, monticole de roche, sittelle kabyle et chardonneret élégant. Par ailleurs, cette aire protégée va abriter des espèces végétales non cultivées, à l’instar du sapin de Numidie, du cèdre de l’Atlas et l’if commun.n